05/13/2026 | News release | Distributed by Public on 05/13/2026 11:23
S'exprimant lors d'une conférence de presse à Séoul, à l'issue d'une visite en Corée du Sud, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme a affirmé que son bureau continuait de recueillir des informations sur des violations graves et systématiques des droits humains en République populaire démocratique de Corée (RPDC), dont certaines pourraient relever de « crimes contre l'humanité ».
« Comme me l'a dit hier un défenseur des droits de l'homme, [la RPDC compte sur le fait que l'attention du monde se soit détournée et que le silence devienne permanent] », a déclaré Volker Türk.
Lors de ce face à face avec les journalistes sud-coréens, il a rappelé certains fondamentaux du Bureau des droits de l'homme de l'ONU : « Les droits de l'homme ne sont pas une idéologie et n'appartiennent à aucun parti politique ».
Pour M. Türk, les droits humains ne doivent jamais être sacrifiés aux intérêts partisans ou aux rivalités géopolitiques. « Ils concernent d'abord et avant tout des êtres humains », a-t-il rappelé, déplorant une réalité qui, selon lui, est encore trop souvent ignorée malgré son évidence.
Cette mise au point sur les principes universels des droits de l'homme prend tout son poids lorsqu'on entend les histoires concrètes des victimes. Parmi elles, le témoignage poignant d'une mère qui n'a pas revu ses enfants depuis plus de dix ans.
Des familles vivent dans un chagrin silencieux, suspendues à l'incertitude et à l'angoisse, sans savoir ce qu'il est advenu de leurs proches de l'autre côté de la frontière. Un fils craint que sa mère - qui a fui la Corée du Nord avec lui avant d'être vendue comme « épouse » en Chine - ne soit renvoyée de force.
« J'ai entendu des récits de réfugiés qui travaillent dur pour se construire une nouvelle vie en Corée du Sud, mais qui vivent au quotidien dans la nostalgie et la peur pour leurs proches restés en RPDC. J'ai ressenti leur douleur et le traumatisme intergénérationnel qu'ils exprimaient. Et j'ai entendu l'espoir qu'un jour, ce terrible cauchemar prendra fin pour les habitants de la RPDC », a détaillé le Haut-Commissaire.
Ces récits mettent en lumière les contradictions du régime nord-coréen, où la détresse des habitants coexiste avec des choix politiques qui privilégient la sécurité et l'armée au détriment des besoins vitaux. M. Türk s'est notamment inquiété de la priorité extrême accordée à la sécurité et aux investissements militaires au détriment des services sociaux dont le pays a désespérément besoin.
Face à ce sombre tableau, le chef des droits de l'homme appelle à une mobilisation de tous « pour élaborer de nouvelles solutions pour l'avenir ». Un futur où la reddition des comptes occupera une place de choix, en raison notamment « des violations graves » qui affligent la Corée du Nord depuis des décennies.
« Mon bureau plaide en faveur d'une responsabilité pénale par le biais de renvois devant la Cour pénale internationale (CPI) et du recours à la compétence universelle et extraterritoriale par les États membres », a insisté Volker Türk, rappelant que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne ne peuvent se construire qu'avec le respect des droits humains.
Derrière ces mots, un travail concret et méthodique se déroule à Séoul. Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) recueille et analyse des informations essentielles, documentant chaque témoignage, chaque souffrance, pour que la vérité émerge et que justice soit rendue. L'enjeu est de taille : empêcher que les douleurs des victimes et de leurs familles ne disparaissent dans l'oubli, en veillant à ce que leur vécu soit reconnu et commémoré.