04/08/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/08/2026 01:43
Conakry - À l'occasion de la Journée mondiale de la santé 2026, placée sous le thème « Unissons nous pour la santé. Soutenons la science », l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en avant des personnes engagées qui utilisent la science pour améliorer la vie des populations dans la Région africaine.
Médecin spécialiste en hépato gastroentérologie à l'Hôpital national Donka à Conakry et enseignante chercheuse à l'Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, la Dre Kadiatou Diallo consacre son travail à l'amélioration des soins hospitaliers par l'usage des données scientifiques. À l'intersection de la pratique médicale, de l'enseignement et de la recherche, elle défend une approche des soins fondée sur des preuves, adaptée aux réalités locales et accessible à tous.
Pourquoi, selon vous, la science est elle aujourd'hui essentielle pour améliorer la qualité des soins hospitaliers ?
La science est devenue un pilier fondamental des soins de santé. Elle a permis de faire progresser de nombreux domaines médicaux et de développer de nouveaux outils et traitements pour prendre en charge des maladies parfois complexes. À l'hôpital, chaque décision compte et peut avoir un impact direct sur la vie d'un patient.
S'appuyer sur des données scientifiques permet d'utiliser des protocoles de soins qui ont fait leurs preuves, donc plus sûrs et plus efficaces. Cela contribue aussi à réduire les erreurs médicales et à limiter les pratiques basées uniquement sur l'expérience ou l'intuition. Grâce à des outils modernes comme l'imagerie médicale, certains tests biologiques avancés ou les systèmes d'aide au diagnostic, les professionnels de santé peuvent mieux prendre leurs décisions. Enfin, la science favorise une prise en charge plus standardisée et plus équitable, ce qui est particulièrement important dans des contextes où les ressources sont limitées.
Quelles avancées scientifiques récentes vous inspirent le plus dans votre spécialité ?
La rapidité avec laquelle la science progresse et l'impact concret de ces avancées sur la santé des patients sont de réels motifs de satisfaction et d'espoir. Dans le domaine des maladies digestives et du foie, les progrès sont nombreux.
Le développement et l'amélioration de l'endoscopie digestive, par exemple, permettent aujourd'hui de mieux diagnostiquer et traiter certaines maladies de l'estomac, de l'intestin ou du foie, parfois sans chirurgie lourde. Les traitements interventionnels, qu'ils soient endoscopiques ou radiologiques, offrent des solutions plus ciblées pour traiter des maladies inflammatoires, vasculaires ou tumorales.
Par ailleurs, la recherche autour du microbiote intestinal - cette communauté de micro organismes vivant dans notre intestin - ouvre de nouvelles perspectives, notamment dans le syndrome de l'intestin irritable. On comprend aussi de mieux en mieux le rôle de la nutrition dans la prévention de maladies du foie, comme la stéatose hépatique. Enfin, l'intégration progressive de l'intelligence artificielle aide les médecins à interpréter certains examens de manière plus précise et plus rapide.
Que faudrait il pour que les données scientifiques soient davantage utilisées dans les décisions de santé à l'hôpital ?
Plusieurs éléments sont indispensables. D'abord, il est essentiel de former le personnel de santé à comprendre et utiliser les données scientifiques dans leur pratique quotidienne. Ensuite, il faut faciliter l'accès à l'information, par exemple grâce à des plateformes numériques, des abonnements à des revues ou des partenariats avec des institutions scientifiques.
Il est également important de renforcer les systèmes d'information hospitaliers afin de mieux collecter et analyser les données produites localement. Ces données peuvent ensuite servir de base pour dialoguer avec les autorités sanitaires et plaider pour des décisions plus adaptées aux besoins réels des populations. En résumé, trois piliers sont essentiels : des compétences, des outils et un engagement institutionnel.
En tant qu'enseignante chercheuse, comment encouragez vous vos étudiants à s'appuyer sur la science ?
J'essaie avant tout de leur transmettre une posture scientifique. Je les encourage à toujours se poser des questions simples mais essentielles : pourquoi mener cette recherche, et sur quelles preuves repose telle ou telle pratique ? Je leur montre aussi l'importance de combiner les données scientifiques, l'expérience clinique et les valeurs des patients et des communautés.
Je les incite à participer à des séminaires, des ateliers et des projets de recherche, afin de développer leur esprit critique et leur curiosité. Enfin, je leur fais comprendre que la science est un outil qui les responsabilise et renforce leur rôle au sein du système de santé, notamment pour adapter les interventions aux réalités locales.
Quel message souhaitez vous transmettre aux jeunes femmes qui veulent s'engager dans les sciences médicales et la recherche ?
Je voudrais leur dire ceci : votre place est ici, et elle est essentielle. Croyez en votre potentiel. La recherche n'est pas réservée à une élite, mais à celles et ceux qui s'engagent et persévèrent. La science a besoin des femmes pour mieux comprendre les enjeux de santé qui touchent les familles et les communautés.
Entourez vous de mentors, osez viser haut et ne vous fixez pas de limites. Diriger un projet, publier, innover ou enseigner est possible tout en conciliant vie professionnelle, familiale et sociale. La recherche est bien plus qu'un métier : c'est un espace d'impact, de découverte et de leadership.
Chargée de communication
Bureau Régional de l'OMS pour l'Afrique
Email: dialloka[at] who.int(dialloka[at]who[dot]int)