03/25/2026 | News release | Distributed by Public on 03/25/2026 11:18
Au début d'un débat urgent du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève sur les « frappes iraniennes dans le Golfe », le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est inquiété d'un conflit qui a semé le « chaos dans toute la région », touchant Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie et au-delà.
Plus de trois semaines après les premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, le conflit s'étend et s'intensifie dans la région et au-delà, et ce sont les civils qui en sont les principales victimes.
« Partout dans la région, des familles ont célébré l'Aïd et le Nowruz sous les bombardements, dans la peur et l'incertitude, et font face à de nouvelles épreuves », a déclaré M. Türk dans un message vidéo, lors de cette session convoquée par les États du Golfe dans un contexte de tensions régionales croissantes.
Le Haut-Commissaire a évoqué le « pouvoir sans précédent » du conflit d'entraîner des pays dans son sillage, transcendant les frontières et affectant la stabilité mondiale. « Un conflit ne peut jamais être ordinaire ou banal (…). La dynamique complexe pourrait déclencher à tout moment de nouvelles crises nationales, régionales ou mondiales, avec des conséquences effroyables pour les civils et les populations partout dans le monde », a affirmé M. Türk.
Le chef des droits de l'homme de l'ONU a exhorté tous les Etats, en particulier ceux qui ont de l'influence, à user de leur pouvoir pour mettre fin au conflit, soulignant que la diplomatie reste la seule voie sûre vers la paix. Ses propos soulignent le besoin urgent d'une coopération internationale pour résoudre une crise aux répercussions considérables.
Sur le terrain, l'armée israélienne a annoncé mercredi dans la nuit être en train de bombarder à nouveau Téhéran, après avoir fait état de missiles iraniens se dirigeant vers Israël.
Mais pour M. Türk, bon nombre des frappes menées dans le cadre de ce conflit soulèvent de graves préoccupations au regard du droit international, qui interdit les attaques visant les civils et leurs infrastructures.
A cet égard, il s'est dit préoccupé des frappes qui ciblent les zones abritant des sites nucléaires en Iran et en Israël, qui font courir le risque d'un « immense danger ». « Les États flirtent avec une catastrophe absolue », a-t-il insisté.
Ces derniers développements interviennent alors que les rapports des médias indiquent que Washington négocie « en ce moment » avec l'Iran. Les Etats-Unis auraient fait passer à Téhéran un plan en 15 points pour tenter de mettre fin au conflit.
Parmi ces 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien au groupe libanais pro-iranien Hezbollah ou au mouvement palestinien pro-iranien Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime.
A ce sujet, le chef des droits de l'homme de l'ONU s'est alarmé des « répercussions très graves » du conflit au-delà du Moyen-Orient. « La perturbation par l'Iran du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz affecte les chaînes d'approvisionnement mondiales, avec des conséquences désastreuses pour certaines des populations les plus pauvres du monde », a-t-il fait valoir.
Les combustibles fossiles, les médicaments, les denrées alimentaires et les engrais ne sont que quelques-uns des biens essentiels bloqués en mer. Cela perturbe les marchés et l'approvisionnement énergétiques mondiaux et risque de provoquer de graves crises alimentaires et sanitaires. Les effets sont particulièrement dévastateurs dans les pays à faible revenu, notamment en Asie du Sud. Les économies en développement sont généralement moins à même de résister aux chocs des prix.
« Plusieurs États ont déjà mis en place des mesures d'économie d'énergie. Le Bangladesh, par exemple, a fermé les universités et instauré un rationnement du carburant, tandis que les Philippines ont déclaré l'état d'urgence énergétique national », a conclu Volker Türk.
Lors des débats, plusieurs Etats du Golfe comme les Émirats arabes unis ont condamné les attaques iraniennes en cours, soulignant qu'ils n'avaient « jamais autorisé » l'utilisation de leur espace aérien pour lancer des frappes aériennes contre l'Iran.
« Ce qu'on ne peut ignorer, c'est la contradiction entre le discours iranien sur les relations de bon voisinage et les pratiques iraniennes sur le terrain, notamment les tentatives iraniennes de justifier les attaques contre des civils, des infrastructures civiles telles que les aéroports, les ports, les installations pétrolières et celles liées au tourisme », a regretté l'ambassadeur Jamal Al Musharakh au Conseil des droits de l'homme.
Dans le même temps, l'ambassadeur iranien Ali Bahreini a appelé les pays voisins à former un front commun contre Israël. « Ne donnez pas de courage à Israël en prenant l'Iran pour cible », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, Téhéran note que les frappes israéliennes et américaines menées à travers le pays depuis le 28 février 2026 ont détruit près de 45.000 maisons et vu 53 hôpitaux et 57 écoles pris pour cibles et bombardés.
A l'issue des débats et dans une résolution approuvée par consensus, les 47 pays membres du Conseil ont adopté un texte qui « condamne avec la plus grande fermeté les attaques odieuses » menées par l'Iran, condamne les actions de Téhéran visant à fermer le détroit d'Ormuz et exprime de « vives préoccupations face aux attaques iraniennes contre les infrastructures énergétiques ».
La résolution demande également des réparations « rapides » et « adaptées » pour les dommages provoqués par Téhéran.
Par ailleurs, le Conseil des droits de l'homme tiendra vendredi une autre session urgente demandée par l'Iran, la Chine et Cuba, au sujet du bombardement qui a visé le 28 février une école de filles à Minab, dans le sud du pays, faisant plus de 150 morts.