02/18/2026 | Press release | Distributed by Public on 02/18/2026 21:33
Washington. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la quatrième revue de l'accord de 48 mois approuvé le 21 septembre 2023 au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) . L'achèvement de la revue ouvre la voie au décaissement immédiat de 24,08 millions de DTS (environ 33,2 millions de dollars), ce qui porte le total du soutien financier accordé à ce jour par le FMI au titre de l'accord FEC à 120,4 millions de DTS (soit environ 165,8 millions de dollars).
Le conseil d'administration a aussi approuvé un accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d'un montant de 90,3 millions de DTS (environ 124,3 millions de dollars), qui s'étendra jusqu'au 20 septembre 2027, les premiers décaissements devant intervenir après l'achèvement de la première revue de l'accord. Les réformes au titre de la FRD visent à renforcer la résilience budgétaire aux chocs, à intégrer les questions climatiques dans la gestion des finances publiques, à améliorer les résultats des entreprises publiques dans les secteurs sensibles au climat et à mobiliser des financements verts.
D'après les estimations, la croissance du PIB réel s'est accélérée pour atteindre 5,0 % en 2025, contre 4,8 % en 2024. La réaction de l'offre de l'exploitation minière artisanale à la hausse des cours de l'or et aux réformes du secteur minier aurait plus que compensé le ralentissement dans le secteur des services. La croissance du PIB réel devrait rester dans la fourchette de 4,5 à 5,0 % à moyen terme, sous réserve de l'amélioration attendue de la situation sécuritaire. L'inflation moyenne a ralenti en 2025 à -0,5 % en raison d'une baisse des prix des denrées alimentaires et devrait converger vers 2,0 % à moyen terme.
Le secteur extérieur s'est renforcé, grâce à la hausse des exportations nettes et à l'amélioration des termes de l'échange. À la faveur des cours élevés de l'or, le compte des transactions extérieures courantes devrait passer d'un déficit de 3,4 % du PIB en 2024 à un excédent de 1,1 % en 2025 et de 0,8 % en 2026. La volonté d'accroître la production d'or devrait entraîner une augmentation des importations d'équipements, tandis que les importations d'énergie devraient rester limitées, dans un contexte de perspectives stables des cours du pétrole.
L'assainissement budgétaire est en bonne voie. Grâce à la forte mobilisation des recettes et à la discipline en matière de dépenses, le déficit budgétaire en 2025 est resté bien en deçà de l'objectif du programme de 4,0 % du PIB. Il s'agirait d'un resserrement de 2,3 points de pourcentage du PIB depuis 2024, principalement en raison de la hausse des recettes provenant de l'exploitation aurifère, de la maîtrise de la masse salariale et de la modération des dépenses d'investissement.
Les progrès accomplis dans le cadre de l'accord appuyé par la FEC ont été satisfaisants. Les autorités ont rempli tous les critères de réalisation quantitatifs à fin juin 2025, tous les critères de réalisation quantitatifs continus et tous les objectifs indicatifs à l'exception d'un seul, qui a été manqué de moins de 0,1 % du PIB. Elles ont également atteint tous les objectifs indicatifs à fin septembre, à l'exception du plafond fixé pour les arriérés de remboursement de la TVA, qui a été dépassé de 0,02 % du PIB.
Les autorités burkinabè ont fait avancer leur programme de réformes structurelles. Elles ont atteint huit repères structurels sur dix. Le repère structurel à fin juin relatif à la réforme du secteur de l'énergie a été manqué, mais il a été mis en œuvre ultérieurement. Les autorités ont également mis en œuvre trois mesures préalables pour atténuer les effets du non-respect du repère structurel à fin juin sur la publication de l'évaluation diagnostique de la gouvernance. Elles ont démontré leur ferme volonté d'améliorer encore la gouvernance et ont déjà mis en œuvre six des onze recommandations prioritaires issues de l'évaluation diagnostique de la gouvernance, les cinq autres devant l'être dans le cadre du programme actuellement appuyé par le FMI.
À l'issue de la réunion du conseil d'administration, M. Kenji Okamura, directeur général adjoint et président par intérim, a fait la déclaration suivante :
« L'économie du Burkina Faso a fait preuve de résilience malgré des difficultés sur le plan sécuritaire et humanitaire. En dépit de ces contraintes, la mise en œuvre du programme a été satisfaisante. Des politiques économiques judicieuses visant à améliorer la gouvernance et à accroître la mobilisation des recettes intérieures ont permis de dégager des marges de manœuvre budgétaires et de soutenir la reprise, tout en maîtrisant l'inflation et en maintenant la dette publique sur une trajectoire viable.
« Le programme appuyé par le FMI au Burkina Faso continue de mettre l'accent sur une croissance généralisée à moyen terme susceptible de relever le niveau de vie. À cette fin, les autorités intensifient la mise en œuvre des réformes et poursuivent des investissements stratégiques en capital. Dans ce contexte, il sera essentiel de promouvoir un environnement favorable au développement du secteur privé et de protéger l'économie contre les chocs extérieurs, notamment en gérant l'exposition accrue aux fluctuations des prix des produits de base. La mise en œuvre résolue de réformes destinées à renforcer l'efficacité de l'investissement public sera également déterminante pour atteindre les ambitieux objectifs de développement des autorités burkinabè. Il sera tout aussi important de mettre en œuvre le plan d'action des autorités en s'appuyant sur les conclusions de l'évaluation diagnostique de la gouvernance. Si la poursuite de l'assainissement budgétaire demeure cruciale pour maintenir la stabilité macroéconomique, les dépenses consacrées à la santé, à l'éducation et à la protection sociale devront être préservées et priorisées dans les plans de dépenses pluriannuels.
« Les autorités burkinabè poursuivent un programme de réformes ambitieux visant à renforcer la gouvernance budgétaire, guidé par une stratégie couvrant un large éventail de mesures. Dans ce cadre, les priorités comprennent l'élaboration de plans d'audit pour l'ensemble des ministères, fondés sur leurs profils de risque, ainsi que la mise en œuvre de mesures destinées à renforcer l'intégrité des procédures d'octroi des licences minières.
« Les autorités burkinabè ont également placé la résilience au cœur de leur programme de réformes. L'agriculture de subsistance assurant la sécurité alimentaire de 80 % de la population, le renforcement de la résilience du secteur agricole face à des conditions climatiques difficiles constitue une priorité. En plus d'accroître la résilience, le programme des autorités dans le cadre de l'accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) atténuera les risques pesant sur la balance des paiements, notamment en réduisant les besoins récurrents d'importations alimentaires d'urgence. »