06/15/2026 | News release | Distributed by Public on 06/16/2026 08:19
À l'ouverture de la 62ème session du Conseil des droits de l'homme, lundi à Genève, le chef des droits humains à l'ONU, Volker Türk, a salué l'accord conclu entre Washington et Téhéran, qui prévoit un cessez-le-feu permanent, la réouverture du détroit d'Ormuz et la poursuite des négociations.
Mais son intervention a surtout pris la forme d'un vaste réquisitoire contre la multiplication des conflits, des atteintes aux libertés fondamentales et des violences contre les civils dans la région et à travers le monde.
Volker Türk a notamment dénoncé les conséquences humaines de la guerre qui a opposé ces derniers mois Israël, les États-Unis et l'Iran.
Il a regretté le recours à la force contre Téhéran alors que des négociations étaient encore en cours et condamné les attaques iraniennes contre des infrastructures civiles dans les pays du Golfe ainsi qu'en Jordanie. Le haut responsable a également qualifié de « totalement inacceptable » le blocus du détroit d'Ormuz, dont les répercussions ont affecté l'acheminement de l'aide humanitaire et des milliers de marins.
Mais c'est aussi la situation intérieure iranienne qui l'inquiète. Selon son bureau, les autorités du pays ont intensifié la répression depuis le début de l'année, multipliant les arrestations et les restrictions contre la société civile.
Au moins 40 personnes ont été exécutées pour des motifs liés à la sécurité nationale depuis janvier, dont 18 manifestants.
ONU Info Un enfant marchant parmi les décombres dans la ville de Gaza.Le chef des droits humains a également consacré une large part de son intervention au conflit israélo-palestinien.
Selon ses services, près de 1 000 Palestiniens ont été tués à Gaza par les forces israéliennes depuis le cessez-le-feu conclu en octobre dernier, la majorité étant des civils. Il a dénoncé les restrictions imposées à l'aide humanitaire ainsi que la réduction continue des zones où la population peut encore se réfugier.
Parallèlement, le bureau des droits de l'homme de l'ONU a recensé au moins 82 meurtres de Palestiniens attribués au Hamas depuis l'entrée en vigueur de la trêve.
« Tout cela est totalement illégal. Nous n'avons plus de signaux d'alerte à lancer. Nos nombreux avertissements précédents n'ont pas été pris en compte », a déploré M. Türk.
Au Liban, il a dénoncé l'escalade des hostilités entre Israël et le Hezbollah. Les frappes israéliennes ont provoqué la mort d'environ 3 600 personnes, dont des centaines de femmes et d'enfants, et entraîné le déplacement de plus d'un million d'habitants. Dans le même temps, les attaques du Hezbollah contre Israël ont également fait des victimes civiles.
© OCHA Des personnes ayant fui la ville d'El Fasher arrivent à Tawila, dans le Darfour du Nord, à l'ouest du Soudan.L'une de ses préoccupations majeures concerne la place croissante des drones dans les conflits contemporains.
Au Soudan, où la guerre oppose depuis avril 2023 l'armée régulière aux Forces de soutien rapide (RSF), plus de 1 000 civils ont été tués dans des frappes de drones au cours des cinq premiers mois de 2026.
« Ce conflit horrible s'est étendu et intensifié, marqué par une forte augmentation du recours aux drones de combat », a constaté M. Türk.
La même évolution est observée en Ukraine. Plus de 7 000 civils y ont été tués ou blessés entre janvier et mai, soit davantage que durant la même période lors de chacune des trois années précédentes.
Face à cette transformation des champs de bataille, le responsable onusien a renouvelé son appel à l'encadrement international des systèmes d'armes autonomes létaux, estimant que les États doivent garantir un contrôle humain effectif sur les décisions de vie ou de mort.
© WFP/Sylvain Barral Des habitants de Cité Soleil fuient en traversant la communauté voisine de Drouillard, au nord de Port-au-Prince, en Haïti.Le tableau dressé par Volker Türk s'étend bien au-delà des conflits les plus médiatisés.
Au Sahel, il a mis en garde contre un possible « point de basculement » régional. Au Mali, les attaques de groupes armés continuent de faire des victimes civiles tandis que les signalements d'exécutions extrajudiciaires, d'enlèvements et de détentions de journalistes se multiplient. Au Burkina Faso, plus de 930 organisations de la société civile auraient été dissoutes ou suspendues depuis avril. Au Niger, l'intensification des violences nourrit les risques d'exactions commises en toute impunité.
En Haïti, les gangs ont fait au moins 2 300 morts depuis le début de l'année. Près d'une centaine de personnes ont également été enlevées.
Pour M. Türk, le déploiement de la force multinationale chargée d'appuyer les autorités haïtiennes demeure urgent, tout en gardant pour impératif de respecter strictement les normes internationales relatives aux droits humains.
Enfin, il a dénoncé la situation à Cuba, qu'il estime aggravée par les sanctions américaines.
« Cuba est en proie à une situation d'urgence en matière de droits humains, étouffée par les sanctions américaines. L'alerte est au rouge : nous avons besoin d'une désescalade urgente ».