04/02/2026 | Press release | Distributed by Public on 04/02/2026 02:36
Genève, le 31 mars 2026 - L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) lance un appel de fonds de 277 millions de dollars afin de venir en aide aux populations vulnérables touchées par les déplacements et les conflits au Soudan et dans les pays voisins en 2026, alors que la crise entre dans sa troisième année.
« Partout au Soudan et dans la région, les familles sont confrontées à des choix impossibles : rester loin de chez elles sans services de base ou retourner dans des zones dévastées », a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l'OIM. « Elles ont perdu leurs maisons, leurs moyens de subsistance et parfois leurs proches, mais continuent d'espérer. Elles ont besoin d'un soutien international urgent et durable, non seulement pour survivre, mais aussi pour reconstruire leur vie dans la dignité et la sécurité. »
L'appel vise essentiellement à renforcer et développer les systèmes essentiels de la réponse humanitaire, notamment les systèmes de suivi des données et de la mobilité, les centres humanitaires et les voies d'approvisionnement, les opérations transfrontalières et l'acheminement de l'aide afin de soutenir la reconstruction et la mise en place de solutions.
L'une des principales priorités est le renforcement de l'aide transfrontalière par le biais de la plateforme humanitaire inter-agences de Farchana, dans l'est du Tchad, qui permet l'acheminement de l'aide vers les zones difficiles d'accès du Darfour et du Kordofan. Le plan prévoit également de renforcer la collecte de données sur les mouvements de population et les solutions visant à améliorer le ciblage, à anticiper les déplacements, à identifier les obstacles au retour et à orienter la planification opérationnelle. Parallèlement à l'aide d'urgence, l'OIM intensifiera ses programmes de relèvement et de résilience, notamment en rétablissant les services de base, en reconstruisant les moyens de subsistance et en favorisant des solutions durables pour les populations déplacées.
Depuis le début du conflit en avril 2023, plus de 12 millions de personnes ont été contrainte de se déplacer à l'intérieur du Soudan au plus fort du conflit, et plus de 9 millions de personnes restent déplacées aujourd'hui. Les besoins humanitaires ne cessent d'augmenter, avec environ 33,7 millions de personnes au Soudan ayant besoin d'aide, soit le chiffre le plus élevé au monde. Les besoins fondamentaux sont les suivants : nourriture, eau potable, soins médicaux et abris. Parallèlement, les risques généralisés en matière de protection et les violations du droit international continuent d'exposer les civils à des dangers.
La crise touche également les pays voisins et les communautés d'accueil, car les réfugiés, les migrants et les ressortissants de retour dans leur pays sont confrontés à des risques le long de routes dangereuses, notamment la traite, l'exploitation, la violence sexiste, la séparation familiale et un accès limité aux services.
Depuis le début du conflit, le Tchad, le Soudan du Sud, la Libye et l'Égypte ont accueilli un nombre sans précédent de personnes fuyant les violences. À ce jour, plus de 1,3 million de personnes sont arrivées au Soudan du Sud et 1,2 million au Tchad. Les ressortissants de retour dans leur pays représentent une part importante de ces arrivées : plus de 900 000 au Soudan du Sud et 389 000 au Tchad.
Ces retours s'accompagnent de besoins importants, car les ressortissants de retour ont peu ou pas de liens familiaux, de biens ou de réseaux sur lesquels s'appuyer, ce qui exerce une pression considérable sur des systèmes locaux déjà fragiles. Une aide immédiate et inclusive visant à répondre aux besoins urgents en matière d'hébergement, d'articles non alimentaires, d'aide financière, d'eau, de secours à la frontière et d'aide au transport vers leur destination finale est essentielle pour éviter une aggravation de la situation humanitaire et une montée des tensions entre les communautés.
Au Soudan, alors que les déplacements à grande échelle se poursuivent notamment dans les États du Darfour, du Kordofan et du Nil Bleu, des retours importants ont également été recensés. Plus de 3,8 millions de personnes sont retournées dans des régions telles que les États de Gedaref, de Khartoum et du Nil. De nombreux retours sont motivés par une impression d'amélioration de la sécurité, tandis que d'autres sont dus à des pressions économiques, au regroupement familial, au manque de services dans les zones de déplacement et aux difficultés rencontrées dans les pays d'accueil.
Cependant, les ressortissants qui rentrent chez eux arrivent souvent dans des conditions précaires. De nombreuses communautés souffrent des infrastructures endommagées, de l'accès limité aux services de base et aux moyens de subsistance, ainsi que de l'insuffisance des systèmes d'approvisionnement en eau et d'assainissement. La présence de munitions non explosées dans certaines zones fait également peser de graves risques.
L'OIM appelle la communauté internationale à renforcer son soutien à l'action humanitaire afin de garantir que les personnes touchées par la crise reçoivent l'aide dont elles ont besoin. Sans un financement durable et des efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit, des millions de personnes au Soudan et dans toute la région resteront en danger.
Vous pouvez consulter ici le Plan régional d'intervention 2026 pour le Soudan et les pays voisins.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le Centre des médias de l'OIM.