03/02/2026 | News release | Distributed by Public on 03/03/2026 01:12
Au premier jour de la présidence américaine du Conseil pour le mois de mars, Melania Trump a défendu, le temps d'une séance, l'idée que « le savoir est un pouvoir » et appelé les États membres à « connecter le monde entier au savoir grâce à l'IA », estimant que « le conflit naît de l'ignorance » et que « le savoir crée la compréhension ».
La vision esquissée par l'épouse du président Donald Trump - celle d'une paix fondée sur l'accès universel à la connaissance et la promesse d'une humanité connectée - contrastait avec le pragmatisme et l'urgence dont a fait montre, en ouverture de séance, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo.
« Nous faisons face au nombre de conflits armés le plus élevé depuis la Seconde Guerre mondiale », a rappelé Rosemary DiCarlo. Le nombre de civils tués est « le plus élevé depuis des décennies ». Et lorsque la guerre éclate, les enfants figurent parmi les premières victimes.
Un enfant sur cinq dans le monde - soit 473 millions - vit aujourd'hui dans une zone de conflit ou a fui les combats. Les violations graves à leur encontre ont augmenté d'un quart entre 2023 et 2024 ; les viols et autres formes de violences sexuelles de plus d'un tiers. « Ces chiffres horrifiques devraient nous pousser à faire davantage pour protéger les enfants en temps de conflit », a insisté la responsable.
L'actualité la plus brûlante s'est invitée dans son exposé. Elle a évoqué la fermeture d'écoles en Israël, aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn et à Oman, dans le contexte de l'offensive américano-israélienne lancée samedi contre l'Iran et de la riposte de Téhéran. Elle a également mentionné les informations faisant état de plus d'une centaine de morts, dont des dizaines d'enfants, après une frappe sur une école primaire à Minab, dans le sud de l'Iran, précisant que les autorités américaines ont annoncé qu'elles examinaient ces rapports.
À l'échelle mondiale, 234 millions d'enfants vivant dans des contextes de crise ont besoin d'un soutien éducatif et 85 millions d'entre eux ne sont pas scolarisés. En 2024, les Nations Unies ont vérifié plus de 2 370 attaques contre des écoles et des hôpitaux.
« L'éducation dans les zones de conflit sauve des vies et permet de les reconstruire », a martelé Mme DiCarlo, rappelant que le cadre juridique international est « clair » et que les attaques contre les écoles contreviennent au droit international humanitaire.
Infrastructures détruites, pénurie de 44 millions d'enseignants dans les zones de conflit, financements pour l'éducation d'urgence en baisse de 24 % malgré l'augmentation des besoins : le constat est sévère. La responsable a plaidé pour des partenariats public-privé encadrés par de « solides cadres éthiques », citant notamment le « Learning Passport » de l'Unicef et les « Instant Network Schools » destinées aux réfugiés.
Mais la technologie, a-t-elle souligné, n'est pas une panacée. Elle peut élargir l'accès au savoir, tout en exposant les enfants à des risques accrus d'exploitation, de recrutement par des groupes armés ou de cyberharcèlement. « Nous devons renforcer les cadres juridiques et politiques pour protéger les droits de l'enfant dans l'espace numérique », a-t-elle affirmé, avant de conclure : « La manière la plus efficace de protéger les enfants contre les conflits est de prévenir et de mettre fin aux guerres ».
de son côté, Melania Trump a assuré que les États-Unis se tiennent aux côtés de tous les enfants à travers le monde. « La paix ne doit pas être fragile. Une paix durable sera atteinte lorsque le savoir et la compréhension seront pleinement valorisés dans toutes les sociétés ».
Là où l'ONU évoquait des écoles bombardées, la première dame a insisté sur les « systèmes de croyance », les livres, la science et les mathématiques qu'une nation doit protéger pour préserver son avenir.
« Une nation qui rend l'apprentissage sacré protège ses livres, sa langue, sa science et ses mathématiques. Elle protège son avenir ». À l'inverse, « lorsqu'une nation restreint la pensée, elle restreint son propre avenir ».
Son discours a progressivement glissé vers une célébration de la connectivité globale et de l'intelligence artificielle. « Le savoir est un pouvoir », a-t-elle répété. « Connectons tout le monde au savoir grâce à l'IA ». Rappelant qu'environ 6 milliards d'individus utilisent aujourd'hui Internet, elle a estimé que les États pouvaient « combler la fracture technologique » s'ils « s'unissent ».
Selon elle, l'IA « démocratise le savoir autrefois confiné aux bibliothèques universitaires » et « redéfinit qui peut participer à l'économie mondiale des idées ». Elle a même évoqué l'idée d'un « État-nation numérique unique », suggérant que cette perspective n'était « peut-être pas si farfelue ».
« Le conflit naît de l'ignorance. Le savoir crée la compréhension, remplaçant la peur par la paix et l'unité », a-t-elle conclu, appelant les membres du Conseil à « s'engager à protéger l'apprentissage dans [leurs] communautés ».
La réunion n'a débouché sur aucune résolution. Elle aura néanmoins mis en lumière un contraste.
D'un côté, l'ONU des chiffres, des normes juridiques et des mises en garde, décrivant des écoles fermées ou détruites et des financements en recul. De l'autre, une vision fondée sur la circulation mondiale du savoir et la promesse d'une humanité connectée.
Entre ces deux approches, les mêmes enfants : ceux de Minab, ceux d'Ukraine - dont certains ont été séparés de leurs familles -, et les 473 millions d'autres pris dans des conflits visibles ou oubliés.