10/01/2026 | News release | Archived content
Les CSE élus au printemps 2023 arrivent en fin de mandat au printemps 2027. Pour eux, le rétroplanning des élections CSE 2027 commence maintenant. Voici le calendrier à rebours, daté sur un cas réel de 2027, avec ce qui revient à l'employeur et ce qui revient aux élus.
Le pic de renouvellements de 2027 découle directement de la réforme de 2017. Les ordonnances Macron avaient fixé au 31 décembre 2019 la date limite de mise en place des comités sociaux et économiques. Une grande partie des entreprises a donc voté en 2019, puis de nouveau en 2023, la durée légale d'un mandat étant de quatre ans (article L2314-33 du Code du travail). Le cycle suivant tombe en 2027.
Un accord collectif peut raccourcir cette durée, entre deux et quatre ans. Avant de bâtir le moindre calendrier, l'employeur et le secrétaire du CSE vérifient donc la date exacte d'expiration dans le procès-verbal des élections de 2023 et dans l'accord éventuel. Une règle a changé depuis le dernier scrutin. La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, entrée en vigueur le 26 octobre 2025, a supprimé la limite de trois mandats successifs qui s'appliquait dans les entreprises d'au moins 50 salariés. En 2027, un élu qui siège depuis l'époque du comité d'entreprise peut donc se représenter, sans qu'aucune clause du protocole préélectoral ne soit nécessaire.
Pour les élus sortants, cela change la discussion en réunion de bureau. La question n'est plus « qui va nous remplacer ? » mais « qui veut continuer, et qui veut passer la main ? ». Mieux vaut la poser dès l'automne 2026, car les candidatures se préparent avec les syndicats bien avant le dépôt des listes.
Le calendrier d'un renouvellement repose sur une poignée de délais fixés par le Code du travail. Tout le reste (réunions de négociation, affichages, préparation du matériel de vote) se cale entre ces bornes.
| Étape | Règle | Texte |
| Information des salariés | Par tout moyen donnant date certaine ; premier tour au plus tard le 90e jour suivant | Art. L2314-4 |
| Invitation des syndicats | Deux mois avant l'expiration des mandats, et au moins 15 jours avant la 1re réunion de négociation | Art. L2314-5 |
| Premier tour | Dans les 15 jours qui précèdent l'expiration des mandats | Art. L2314-5 |
| Second tour | Dans les 15 jours suivant le premier tour, si le quorum n'est pas atteint ou si des sièges restent vacants | Art. L2314-29 |
| Procès-verbal | Transmis dans les 15 jours au centre de traitement des élections professionnelles (CTEP) | Art. R2314-22 |
| Contestation de la régularité | 15 jours après la proclamation des résultats, devant le tribunal judiciaire | Art. R2314-24 |
Le délai de 90 jours est souvent mal compris. Il ne s'agit pas d'un minimum : la loi impose que le premier tour ait lieu au plus tard 90 jours après l'information des salariés. Un employeur qui affiche l'annonce en janvier pour un scrutin en juin sort donc des clous. La fiche officielle de Service Public consacrée aux élections du CSE dans les entreprises de 11 salariés et plus reprend l'ensemble de ces règles.
Le protocole d'accord préélectoral (PAP) est l'accord négocié entre l'employeur et les syndicats. Il fixe les collèges électoraux, la répartition des sièges, les dates et les modalités du vote. Il est valable s'il est signé par la majorité des organisations ayant participé à la négociation, dont les syndicats représentatifs ayant recueilli la majorité des suffrages aux dernières élections (article L2314-6).
Prenons le cas d'une entreprise de logistique de 180 salariés, deux collèges, dont les élus ont été proclamés le 15 juin 2023. Les mandats expirent le mardi 15 juin 2027. La directrice des ressources humaines, Sandrine, et le secrétaire du CSE, Karim, construisent le calendrier ensemble en partant de la fin.
| Date | Employeur | Élus sortants |
| Début décembre 2026 (J-180) | Vérifie l'effectif, les établissements, la date d'expiration ; décide du mode de vote | Point en réunion de bureau : qui se représente ? Premiers contacts avec les syndicats |
| Janvier 2027 | Choisit un prestataire si vote électronique ; prépare les listes électorales provisoires | Lance l'inventaire de passation : contrats, accès, archives |
| Mercredi 3 mars 2027 (J-90) | Informe les salariés et envoie, le même jour, l'invitation aux syndicats | Relaie l'information aux salariés ; rappelle le rôle du CSE |
| Jeudi 18 mars 2027 | Première réunion de négociation du PAP (15 jours après réception de l'invitation) | Les élus syndiqués participent via leur organisation |
| Jeudi 15 avril 2027 | Date limite légale d'invitation des syndicats (deux mois avant la fin des mandats) | Gel des engagements de dépenses pluriannuels |
| Début mai 2027 | Affiche les listes électorales ; signature du PAP | Rédaction du compte rendu de gestion |
| Mardi 18 mai 2027 | Clôture du dépôt des candidatures (date fixée par le PAP) | Les candidats finalisent leur profession de foi |
| Mardi 1er juin 2027 | Premier tour | |
| Mardi 15 juin 2027 | Second tour éventuel ; fin des mandats | Remise des documents au nouveau CSE |
| Mercredi 30 juin 2027 | Date limite d'envoi du procès-verbal au CTEP ; fin du délai de contestation | Première réunion du nouveau CSE : élection du secrétaire et du trésorier |
Pourquoi un premier tour dès le 1er juin, en tout début de fenêtre ? Parce que le second tour peut avoir lieu jusqu'à quinze jours plus tard. En plaçant le premier tour le 1er juin, Sandrine garantit que le second tour, s'il est nécessaire, se tiendra au plus tard le 15 juin, jour d'expiration des mandats.
Attention. Un premier tour fixé le 8 juin aurait pu repousser le second tour au 22 juin. L'entreprise se serait alors retrouvée une semaine sans CSE, avec des réclamations sans interlocuteur et un budget ASC sans gestionnaire. Seul un accord unanime entre l'employeur et les syndicats représentatifs peut proroger les mandats pour couvrir cet écart.
Karim, de son côté, a obtenu une chose simple : que l'information des salariés et l'invitation des syndicats partent le même jour, le 3 mars. Six semaines de marge sur la date limite du 15 avril, c'est le temps de rattraper une négociation qui patine.
Si les négociateurs ne s'accordent pas sur la répartition du personnel entre les collèges ou sur celle des sièges, l'un d'eux peut saisir la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS). Cette saisine suspend le processus électoral et proroge les mandats en cours jusqu'à la proclamation des résultats (article L2314-13). Le calendrier glisse, mais le CSE sortant reste en fonction.
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Demander une démoL'employeur porte seul l'obligation d'organiser les élections et d'en supporter le coût : matériel de vote, prestataire de vote électronique, temps passé par les salariés aux opérations. Ces frais ne sont jamais imputés sur les budgets du CSE. Ne pas engager le processus expose à une poursuite pour délit d'entrave, puni d'un an d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article L2317-1).
Avant le 3 mars de notre exemple, le service RH a donc tranché plusieurs points.
Le vote électronique mérite que l'on s'y arrête. Dans une entreprise en horaires décalés comme celle de Sandrine, il relève souvent la participation au premier tour, donc les chances d'atteindre le quorum, ce qui évite un second tour. Il demande toutefois un ou deux mois de préparation avec le prestataire.
L'obligation de passation à partir de 50 salariés est écrite noir sur blanc : selon l'article R2315-39 du Code du travail, les membres sortants rendent compte de leur gestion au nouveau comité et lui remettent tous les documents concernant l'administration et l'activité du CSE.
Dans les faits, c'est le trésorier qui porte l'essentiel de la charge, en pleine période de campagne. Le compte rendu de gestion n'a pas de forme imposée. Il gagne pourtant à reprendre la situation des deux budgets (fonctionnement et activités sociales et culturelles, ou ASC) à une date précise, les engagements en cours et les dossiers que la nouvelle équipe devra trancher dans ses trois premiers mois.
Voici ce que le CSE de Karim a prévu de remettre, avec un procès-verbal de remise signé par les deux trésoriers :
Un point de prudence concerne les dépenses. Dans les dernières semaines du mandat, un CSE sortant reste libre de ses décisions. Mais signer un contrat de trois ans avec un nouveau prestataire juste avant le vote engage une équipe qui n'a pas été consultée. Notre article sur la question changer de logiciel CSE avant ou après le scrutin détaille les deux options.
La passation est beaucoup plus courte quand la comptabilité et les avantages salariés vivent dans un même outil. La plateforme Edenred Solutions CSE regroupe la gestion des budgets, la comptabilité du CSE et les avantages proposés aux salariés : l'historique des écritures et des commandes reste dans l'outil quand l'équipe change, et la remise porte surtout sur le transfert des accès. Le logiciel de gestion et de comptabilité CSE fait partie de cette plateforme, et Edenred Solutions CSE accompagne plus de 14 000 CSE (chiffre relevé sur le site en septembre 2026).
Les délais légaux sont les mêmes dans une entreprise de moins de 50 salariés : information des salariés, invitation des syndicats deux mois avant la fin des mandats, premier tour dans la quinzaine qui précède. Une exception allège la procédure entre 11 et 20 salariés : si aucun salarié ne s'est porté candidat dans les 30 jours suivant l'information, l'employeur n'a pas à inviter les syndicats (article L2314-5).
Dans ce cas, il établit un procès-verbal de carence. Il faut alors prévoir ces 30 jours dans le rétroplanning, avant toute négociation. La passation est plus légère, puisque le CSE de moins de 50 salariés n'a ni budget de fonctionnement ni budget ASC légal. Si l'employeur lui confie des sommes pour des activités sociales, les élus sortants en rendent compte de la même façon, pièces à l'appui.
C'est dans les jours qui suivent la proclamation des résultats qu'une élection bien menée peut encore être fragilisée. Deux délais de 15 jours courent en parallèle. Le premier concerne le procès-verbal. L'employeur dispose de 15 jours pour le transmettre au CTEP, le plus simplement par le portail des élections professionnelles du ministère du Travail. Il en remet aussi une copie aux syndicats ayant présenté des listes ou participé à la négociation. Les résultats comptent pour la mesure de la représentativité syndicale : un procès-verbal oublié efface les voix de l'entreprise.
Le second est le délai de contestation. Pendant 15 jours, un salarié ou un syndicat peut saisir le tribunal judiciaire pour contester la régularité du scrutin. Un calendrier documenté, avec des envois datés, est la meilleure défense. C'est pour cette raison que l'information des salariés doit se faire « par tout moyen permettant de conférer date certaine ». Côté élus, la première réunion du nouveau CSE désigne le secrétaire et le trésorier. Dans notre exemple, elle se tient fin juin, juste avant l'été : le nouveau trésorier doit donc recevoir ses pouvoirs bancaires assez tôt pour payer les aides aux vacances de juillet. Pour les nouveaux venus, le guide du nouvel élu CSE donne les repères des premières semaines, et le dossier sur les élections professionnelles revient sur les règles de vote et de candidature.
Avant la fin du mois, ouvrez le procès-verbal de 2023, notez la date exacte d'expiration des mandats et comptez à rebours : J-90 pour l'information, deux mois pour l'invitation, quinze jours pour le premier tour. Le rétroplanning des élections CSE 2027 tient alors sur une page, et l'employeur comme les élus savent ce qu'ils ont à faire, et quand.
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