RSF - Reporters sans frontières

08/07/2026 | Press release | Archived content

L’Association des journalistes de Hong Kong victime d’une campagne de harcèlement qui ne cesse de s’intensifier

Reporters sans frontières (RSF) est indignée par la campagne de harcèlement menée sur plusieurs fronts contre l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA) et ses membres à l'approche de l'élection de son comité exécutif. La HKJA est l'une des dernières organisations indépendantes à soutenir un paysage médiatique mis à mal par la loi draconienne sur la sécurité nationale. RSF appelle la communauté internationale à prendre des mesures fermes pour soutenir ce qui reste du journalisme indépendant sur le territoire.

Au cours de la semaine écoulée, les candidats au comité exécutif de l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA), dont les élections auront lieu ce samedi 8 août, ont été la cible d'attaques en ligne et hors ligne de la part d'acteurs pro-Pékin.

Depuis le 2 août, RSF a constaté une escalade des attaques sur les réseaux sociaux Facebook, Threads et YouTube. Divers comptes diffusent les photos, les noms et les informations personnelles de journalistes sans leur consentement et profèrent des insultes personnelles souvent racistes et sexistes. Meta, la société mère de Facebook et de Threads, a supprimé plusieurs de ces publications pour violation de ses politiques en matière de harcèlement, mais cette campagne coordonnée se poursuit, menaçant la sécurité des journalistes.

Parallèlement à ces attaques en ligne, des médias de propagande hongkongais - tels que Bastille Post, Wen Wei Po, Ta Kung Pao et East Weekly - ont publié des articles visant la HKJA et ses membres, accusant l'association de collusion avec des forces "anti-Chine" et "pro-chaos", et de porter atteinte aux "droits de l'homme et à la liberté de la presse". Ces discours ont, à leur tour, été relayés sur YouTube par des commentateurs politiques dont les positions publiques s'alignent globalement sur celles du camp pro-establishment de Hong Kong et de Pékin. Selon les informations de RSF, les proches des journalistes visés ont également reçu des copies de ces articles, dans ce qui s'apparente manifestement à une tentative de les intimider.

Le 7 août, le secrétaire à la Sécurité de Hong Kong, Chris Tang, a encore attisé le harcèlement en affirmant lors d'une conférence de presse que la HKJA soutenait les "émeutiers de 2019" et en défendant la détention du dirigeant d'un média indépendant de Hong Kong, Jimmy Lai. Il a également averti que certaines organisations "abusant du nom d'"associations" et se livrant à des activités sans rapport avec leurs objectifs déclarés feraient l'objet d'une enquête, ajoutant qu'elles pourraient encourir des poursuites judiciaires s'il s'avérait qu'elles étaient impliquées dans une "collusion avec des forces étrangères" ou dans une "subversion du pouvoir de l'État".

"Nous condamnons la campagne de harcèlement incessante visant l'Association des journalistes de Hong Kong (HKJA). Nous soutenons fermement cette association ainsi que ce qui reste de la communauté des médias indépendants à Hong Kong. Ces dernières tentatives d'intimidation envers des membres de la presse libre constituent clairement une manœuvre visant à dissuader les journalistes de défendre et de soutenir, par l'intermédiaire de l'association, un environnement médiatique gravement affaibli. Le courage et le dévouement des journalistes qui exercent leur métier dans l'un des environnements les plus restrictifs au monde en matière de liberté de la presse sont louables. Nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures fermes pour soutenir les journalistes encore présents à Hong Kong ainsi que la HKJA. Nous ne pouvons pas laisser Pékin démanteler ce qui reste de la communauté journalistique indépendante du territoire.

Aleksandra Bielakowska
Responsable du plaidoyer au Bureau Asie-Pacifique de RSF

La répression continue de la liberté de la presse à Hong Kong

RSF a déjà observé par le passé des tactiques similaires visant à intimider et à discréditer les journalistes, les organes de presse et les ONG internationales à Hong Kong, territoire rétrocédé à la Chine par les Britanniques en 1997. La campagne de haine multiforme menée contre la HKJA reflète la stratégie du régime chinois consistant à cibler les journalistes, ce qui démontre à quel point les autorités de Hong Kong et les organes de propagande ont adopté les méthodes de Pékin.

Depuis 2024, RSF et d'autres organisations, dont la HKJA, ont recensé des attaques telles que du doxxing - divulgation en ligne des données personnels -, des menaces de mort, de la surveillance, du harcèlement et des messages d'intimidation envers des médias locaux et étrangers - notamment les sites d'information InmediaHK, HK Feature et Hong Kong Free Press - ainsi que des membres de la HKJA, des membres de deux écoles de journalisme et de nombreux journalistes à titre individuel, ainsi que de leurs proches, voisins et collaborateurs. De plus, au moins 20 personnes et sept organes de presse indépendants, dont la HKJA, ont été pris pour cible par l'administration fiscale de Hong Kong (IRD) au cours des deux dernières années dans le cadre d'une série de contrôles fiscaux prétendument aléatoires, ce qui ajoute une forme supplémentaire de pression sur les organes de presse.

En 2020, la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong a été adoptée, marquant le début de la guerre sans merci menée par les autorités contre le droit à l'information. Au moins 28 journalistes et défenseurs de la liberté de la presse ont été poursuivis en justice, dont huit sont actuellement derrière les barreaux. Parmi eux figure Jimmy Lai, fondateur du journal indépendant Apple Daily, aujourd'hui fermé, qui a récemment été reconnu coupable à l'issue d'un simulacre de procès orchestré par le régime chinois. Sa santé s'est considérablement détériorée derrière les barreaux, et RSF a averti à plusieurs reprises qu'il risquait de mourir en prison s'il n'était pas libéré immédiatement.

Aujourd'hui, Hong Kong se classe 140e sur 180 pays et territoires dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2026 de RSF, après avoir chuté de la 18e place en seulement deux décennies. La Chine occupe la 178e place.

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Publié le 07.08.2026
RSF - Reporters sans frontières published this content on August 07, 2026, and is solely responsible for the information contained herein. Distributed via Public Technologies (PUBT), unedited and unaltered, on August 09, 2026 at 08:50 UTC. If you believe the information included in the content is inaccurate or outdated and requires editing or removal, please contact us at [email protected]