01/09/2026 | Press release | Archived content
Monsieur le Ministre, cher Laurent Nuñez,
Madame la Ministre déléguée,
Madame la Secrétaire générale, Mesdames et Messieurs les directrices, les directeurs, les ambassadrices et les ambassadeurs,
Monsieur le secrétaire général du ministère de l'intérieur,
Monsieur le directeur général de la police nationale,
Monsieur le directeur général de la gendarmerie nationale,
Madame la directrice générale de la sécurité intérieure,
Mesdames et Messieurs les préfètes et les préfets,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs,
Il faut remonter loin dans le temps pour retrouver la présence du ministre de l'intérieur au milieu d'autant d'ambassadrices, d'ambassadeurs, de préfètes et de préfets. Mais Laurent Nuñez me confiait à l'instant que lorsqu'il était précédemment placé auprès du ministre de l'intérieur, c'est à Beauvau que les ambassadrices et les ambassadeurs avaient eu l'occasion de rencontrer les ministres, en présence des préfètes et des préfets.
Donc ce n'est pas tout à fait un hasard, mais je veux toutefois l'en remercier, que Laurent Nuñez ait accepté notre invitation aujourd'hui.
Le ministère de l'intérieur et le ministère de l'Europe et des affaires étrangères ont beaucoup de points communs. Ce sont deux ministères régaliens, directement impliqués dans la protection des intérêts fondamentaux de la Nation, qui agissent avec la même détermination, sur le territoire national comme à l'étranger.
Nous faisons face à des menaces qu'aucune frontière n'arrête, et partageons de nombreux défis communs, parmi lesquels la criminalité organisée, en particulier le narcotrafic, et les migrations. Il y en a bien d'autres, mais vous me permettrez de vous parler plus particulièrement de ces deux-là.
Face à ces défis, vous êtes vous-mêmes, ambassadrices et ambassadeurs, préfètes et préfets, en première ligne. Et pour cela, je veux vous exprimer notre gratitude.
J'en ai parlé ce matin devant les ambassadrices et les ambassadeurs, la France est aujourd'hui submergée par le narcotrafic et la criminalité organisée qui l'accompagne. Tous les territoires de la République sont concernés, et les conséquences ravageuses de ce phénomène menacent à la fois la santé et la sécurité des Français. C'est pourquoi notre mobilisation doit être générale et interministérielle. Et je sais combien nos services respectifs sont mobilisés côte à côte pour traiter ce fléau dans toutes les dimensions, conformément aux orientations du Président de la République et du Premier ministre.
La mission du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, c'est d'éradiquer le mal à la racine. J'ai annoncé, il y a quelques semaines, un plan de bataille contre le narcotrafic, qui comprend :
Comme je l'ai annoncé lorsque je me suis rendu dans la région de l'Amérique latine et des Caraïbes, aux côtés du Président de la République, c'est sur cette région que portera notre premier axe d'effort. Car c'est dans cette région qu'est produite l'ensemble de la cocaïne, ou quasiment, qui déferle dans les rues des villes et des villages de France. La production est localisée principalement en Colombie, au Pérou et en Bolivie. Et avant d'inonder l'Europe, elle transite via l'Équateur, le Brésil, le Panama, le Venezuela, le plateau des Guyanes et les Caraïbes. Et évidemment, nos territoires ultramarins sont en première ligne.
Le deuxième axe d'effort porte sur l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. L'enjeu est d'obtenir des extraditions de narcotrafiquants ou des judiciarisations sur place, mais aussi des saisies d'avoirs.
Nous travaillons également à inciter les pays des Balkans occidentaux à durcir leurs réglementations et leurs actions en matière de lutte contre la criminalité organisée. Et nous avons institué, dans le cadre de la Communauté politique européenne, une Coalition européenne contre les drogues, pour agir à la bonne échelle.
En 2026, avec le ministre de l'intérieur, je souhaite que nous puissions faire du narcotrafic une priorité de la présidence française du G7. Nous porterons des initiatives en matière de renseignement, de résilience de nos infrastructures, de lutte contre les trafics en mer et contre les flux financiers illicites.
Le Premier ministre l'a dit, la lutte contre le narcotrafic est un combat qui va s'inscrire dans la durée et qui nous place face à un ennemi en constante mutation. Cette réalité réclame donc une très grande adaptabilité et une coopération encore plus étroite, encore plus agile, entre les services de l'État.
Il en est de même pour un deuxième défi majeur : celui des migrations et des mobilités.
Pour beaucoup de nos concitoyens, le sentiment qui l'emporte est celui d'une perte de contrôle face à une immigration irrégulière qui est perçue comme une menace portée à nos frontières. Menace pour notre modèle social, menace pour notre sécurité. Mais cette perception doit être complétée.
D'abord, parce que d'une part, des efforts considérables ont été engagés ces dernières années, au niveau national comme européen, pour renforcer nos frontières. Et d'autre part, les migrations recouvrent aussi des enjeux qui sont essentiellement pour les intérêts de notre pays : en matière de tourisme, d'attractivité, de développement économique et social, et notamment à travers les diasporas, nombreuses sur les territoires de la République.
Ces dernières sont des traits d'union entre la France et les pays d'origine. Ce sont des vecteurs de développement économique et pour la France, des relais d'influence.
En 2025, le ministère de l'Europe et des affaires étrangères a engagé un effort sans précédent pour écouter, associer et mobiliser les acteurs des diasporas africaines notamment afin de renouveler nos relations avec l'autre rive de la Méditerranée. Plus de 300 contacts ont été établis. Et je l'ai dit ce matin, je souhaite que nous amplifiions cet effort en 2026, en travaillant davantage avec vos équipes, Monsieur le ministre de l'intérieur, avec vous-mêmes, Mesdames les préfètes, Messieurs les préfets, pour toucher un plus large public et donner une portée nationale à cet effort.
En matière migratoire, notre approche est claire : elle conjugue la fermeté contre l'immigration irrégulière et la promotion d'une immigration voulue et maîtrisée, conformément à nos intérêts.
Cette approche, nous avons commencé à la mettre en œuvre au niveau européen, avec l'adoption du Pacte sur la migration et l'asile, qui va entrer en vigueur au courant de l'année 2026. C'est un véritable tournant dont nous ne devons pas sous-estimer les effets, mais sur lesquels il faudra veiller à ce que l'exécution soit à la hauteur de nos attentes.
Avec ce pacte, les règles sont désormais plus lisibles, les responsabilités mieux définies. Et je sais combien vous êtes, Monsieur le Ministre, sur son opérationnalisation au niveau national, particulièrement mobilisé. C'est un enjeu politique majeur, car la France a largement inspiré ce texte fondateur.
Dans le même esprit, nous travaillons étroitement avec le ministère de l'intérieur à la refonte du règlement « retour », afin de rendre nos procédures de réadmission plus efficaces. Il y a des avancées à Bruxelles et je sais nos ambassadeurs dans la salle pleinement mobilisés pour défendre nos positions sur ce sujet sensible. Nous continuerons à l'être et resterons vigilants, notamment sur la question des centres de retour.
Par ailleurs, une part croissante de l'immigration irrégulière à destination de l'Union européenne converge vers la Manche. Cette réalité nous touche directement et appelle une réponse à la fois nationale et européenne. Je sais combien le ministère de l'intérieur est lui aussi mobilisé sur cette problématique. L'accord pilote franco-britannique « un pour un », signé en juillet dernier, s'inscrit dans cette logique. Je me félicite que, grâce à nos efforts, la Commission européenne intègre désormais pleinement cette question dans sa réflexion sur la relance des relations avec le Royaume-Uni.
Au niveau national, enfin, nos deux ministères agissent conjointement en matière de visas. La feuille de route de Matignon fixe des objectifs clairs, nos ambassadeurs et nos préfets auront l'occasion d'approfondir ce sujet au cours du déjeuner qui suivra.
Et nous avons aussi renforcé la stratégie « Bienvenue en France », avec le ministère de l'enseignement supérieur, elle est essentielle pour mieux choisir les étudiants et les chercheurs que nous souhaitons accueillir.
Mesdames et Messieurs les ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les préfets,
La coopération entre nos deux réseaux est, elle aussi, indispensable. Notre force à l'extérieur de notre pays est conditionnée par notre force à l'intérieur. La réciproque est également vraie. C'est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le ministre, que nos préfets et nos ambassadeurs puissent se réunir régulièrement, sur une base trimestrielle par exemple, afin de suivre l'avancée et la mise en œuvre de nos priorités communes et de nos décisions.
Dans cet esprit, je vous encourage vivement à saisir l'occasion de cette Conférence pour renforcer dès à présent les liens tissés entre vous et la solidarité qui existe entre nos deux ministères et que nous souhaitons tous les deux, je le crois, cher Laurent, renforcer encore dans cette année qui s'ouvre et au sujet de laquelle, je voudrais, puisque cette occasion m'est donnée, je l'ai déjà fait pour nos ambassadrices et nos ambassadeurs, mais pour les directeurs, le secrétaire général, la directrice, les préfètes les préfets, former mes vœux les meilleurs pour cette année qui s'ouvre.
Merci à tous.