04/23/2026 | News release | Distributed by Public on 04/23/2026 22:23
« Haïti se trouve à un moment charnière, où les progrès politiques et institutionnels jettent les bases d'une voie crédible pour l'avenir », a affirmé le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Carlos Ruiz Massieu, lors de cette réunion du Conseil à laquelle participait le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé.
M. Massieu a souligné que les acteurs haïtiens sont catégoriques : les élections demeurent la seule voie légitime pour rétablir l'ordre constitutionnel.
L'achèvement récent de l'enregistrement des partis politiques -une première depuis 2016- constitue une étape décisive, a-t-il indiqué, saluant également la mise à jour en cours du cadre juridique électoral. D'autres étapes cruciales, telles que la révision et l'approbation du budget électoral, exigent une attention immédiate, a-t-il ajouté.
Il a par ailleurs signalé que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante, évoquant notamment le récent massacre de Jean-Denis, où des dizaines de personnes ont été tuées les 28 et 29 mars, ainsi que les attaques survenues à Marigot, le 11 avril.
Aujourd'hui, plus de 1,45 million de personnes sont déplacées, principalement en raison de la violence. Sans améliorations tangibles sur le plan sécuritaire, il sera difficile de pérenniser les progrès accomplis, a-t-il prévenu.
Selon lui, alors que les forces de sécurité nationales continuent d'être renforcées, le déploiement intégral et opportun de la Force de répression des gangs est essentiel pour consolider ces efforts.
Il a indiqué aux membres du Conseil qu'avec un engagement national soutenu et un appui international coordonné, il est possible de transformer cette phase critique en un véritable tournant pour Haïti. Il a réitéré l'engagement des Nations unies à œuvrer aux côtés des autorités haïtiennes pour aider à convertir cette fenêtre d'opportunité en progrès tangibles vers le rétablissement de la sécurité et la reconstitution des institutions démocratiques.
Faisant le point sur le déploiement de la Force de répression des gangs, le Représentant spécial pour cette force, Jack Christofides, a souligné que cette force ne partait « pas de zéro ». « Mais nous abordons la tâche différemment », a-t-il dit.
Le Représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), M. Jack Christofides, a expliqué que la FRG, créée le 30 septembre par la résolution 2793 du Conseil de sécurité, n'est pas conçue comme une fin en soi, mais comme un moyen de permettre aux institutions haïtiennes de reprendre le contrôle et de créer les conditions d'une stabilité à plus long terme.
Un plan de déploiement a été élaboré en consultation avec les autorités haïtiennes. L'objectif est clair: réduire la capacité opérationnelle des gangs à un niveau que les institutions haïtiennes seront en mesure de gérer durablement, créant ainsi le temps et l'espace nécessaires pour permettre à l'État de réaffirmer son autorité.
La constitution des forces progresse, grâce à des engagements « impressionnants » de la part des États Membres, a-t-il ajouté.
« Pleinement conscients des risques inhérents à cette mission », il a souligné que la protection des civils, la prévention de l'exploitation et des abus sexuels, ainsi que le respect du droit international des droits humains sont au cœur de la planification et des opérations de la FRG.
De même, la Force travaille en étroite collaboration avec les autorités haïtiennes pour veiller à ce que les dispositions relatives à la détention et au traitement des individus soient conformes aux normes juridiques et aux réalités opérationnelles.
Lors d'un point de presse, le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que le Qatar a confirmé un engagement de 30 millions de dollars en faveur du Fonds fiduciaire de soutien à la FRG, dont 10 millions seront versés sur une période de trois ans. Le Fonds fiduciaire a désormais reçu un total de 203,3 millions de dollars, dont 174,1 millions en espèces.
Lors de la réunion du Conseil, le Premier Ministre haïtien a plaidé pour un déploiement rapide de la Force de répression des gangs.
Lors de la réunion, un large consensus s'est dégagé sur la nécessité de soutenir la FRG et les forces nationales. Plusieurs États ont noté que les gains sécuritaires restent fragiles alors même que la stabilisation conditionne le bon déroulement des élections et le rétablissement de l'autorité de l'État.