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IndustriALL Global Union

02/17/2026 | News release | Archived content

Quatre ans de guerre : En Ukraine les travailleurs continuent d’en payer le prix

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17 février, 2026Quatre ans après l'invasion de grande envergure de l'Ukraine par la Russie, le 24 février 2022, les travailleurs et travailleuses ukrainiens subissent toujours des attaques meurtrières contre les mines, les chemins de fer et les infrastructures énergétiques. Les syndicats appellent à la paix, au respect du droit international et à une reconstruction fondée sur les droits des travailleurs et la démocratie.

La guerre d'agression menée par la Russie, qui a débuté par une offensive à grande échelle le 24 février 2022, inflige encore aujourd'hui des dommages désastreux aux travailleurs et travailleuses ukrainiens ainsi qu'à leurs syndicats. Quatre ans plus tard, les mines, les chemins de fer et les infrastructures énergétiques continuent d'être pris pour cibles avec pertes civiles.

Ce 1er février, dans la région de Dnipropetrovsk, les forces russes ont dirigé une attaque au moyen de drones de type Shahed contre une entreprise minière et un bus transportant des mineurs entre deux postes de travail. Douze personnes ont été tuées : dix mineurs et deux civils qui se sont précipités pour leur porter secours. Au moins 16 autres ont été blessées, dont plusieurs gravement. Quatre-vingt-onze mineurs ont été piégés sous terre dans des conditions dangereuses : tous des travailleurs du secteur de l'énergie qui assuraient le fonctionnement du réseau électrique ukrainien par un hiver glacial.

La même semaine, un drone a touché un train de voyageurs, provoquant la mort de civils à bord. Les infrastructures énergétiques, les chemins de fer et les installations industrielles font l'objet d'attaques systématiques. Des villes entières se retrouvent régulièrement privées d'eau, d'électricité et de chauffage. Les travailleurs et travailleuses sur le front ou dans des régions proches poursuivent leurs tâches sous une menace permanente.

À ce jour, les salariés ukrainiens ont déjà payé un lourd tribut à cette guerre. Plus de 1.000 d'entre eux ont été blessés sur leur lieu de travail en 2025 à la suite d'actes hostiles, dont au moins 200 ont semé la mort. Rien qu'au cours des premières semaines de 2026, des dizaines de travailleurs et travailleuses ont été blessés ou tués.

Les salariés du secteur de l'énergie, les mineurs, les cheminots, les postiers et les secouristes continuent d'œuvrer sous les bombardements pour assurer le fonctionnement du pays. En dépit de conditions hivernales rigoureuses, avec des températures chutant jusqu'à moins 27 degrés Celsius, les salariés du secteur de l'énergie s'évertuent à rétablir l'électricité après chaque frappe, pour voir leurs efforts réduits à néant lors d'une nouvelle attaque. Le bureau du Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine (NPGU), bien que privé d'électricité 20 à 22 heures par jour, persiste à défendre ses adhérents et à leur fournir assistance.

Les syndicats ukrainiens lancent un appel urgent à la solidarité

Début février, le Syndicat indépendant des mineurs d'Ukraine a lancé un appel à IndustriALL et à industriAll Europe à la suite des dernières attaques meurtrières. L'organisation a souligné qu'il ne s'agissait pas d'incidents isolés mais de frappes systématiques contre les salariés et des infrastructures critiques pour l'énergie, les transports et la vie économique du pays.

Kemal Özkan, Secrétaire général adjoint d'IndustriALL, a déclaré :

« Depuis quatre ans, les travailleurs ukrainiens font preuve d'un courage exemplaire pour défendre leurs lieux de travail, leurs communautés et leur pays. Les attaques incessantes de la Russie contre les mineurs, les travailleurs du secteur de l'énergie et les civils sont intolérables et doivent cesser. L'élan solidaire du mouvement syndical international ne faiblira pas. La paix, la démocratie et le respect des droits des travailleurs doivent prévaloir. »

Les syndicats ukrainiens ont également exprimé leur vive préoccupation quant au processus de réforme du droit du travail en cours.

Le 29 janvier dernier, IndustriALL et industriAll Europe ont sollicité par écrit une intervention urgente de l'OIT afin de garantir un processus de réforme conforme aux normes internationales du travail et l'instauration d'un véritable dialogue social.

Le projet de code du travail a été déposé précipitamment sans consultation significative des syndicats. Les affiliés ukrainiens ont exprimé leur profonde inquiétude face à l'érosion de droits fondamentaux et à la mise à l'écart des partenaires sociaux d'un processus destiné à façonner les relations de travail pour les années à venir.

Même en temps de guerre, les réformes doivent respecter les conventions de l'OIT ratifiées par l'Ukraine et défendre les principes du tripartisme et du dialogue démocratique.

Paix, démocratie et reconstruction

Dès les premiers jours de l'invasion, IndustriALL a fait preuve d'une solidarité sans faille envers ses affiliés ukrainiens en fournissant une aide humanitaire, en menant des actions de plaidoyer au niveau international et en soutenant des projets de reconstruction fondés sur les droits syndicaux.

Les syndicats ukrainiens ont été clairs : le fardeau de la guerre, de la reconstruction et des menaces pour la sécurité ne peut reposer sur les épaules des travailleurs et travailleuses. La reconstruction de l'Ukraine doit renforcer la négociation collective, la protection sociale et le travail décent, non les affaiblir.

IndustriALL soutient la campagne « Syndicats pour la paix et la démocratie » de la CSI, qui appelle à la fin de la guerre, au respect total du droit international et au rétablissement d'une paix fondée sur la justice et la démocratie.

Quatre années se sont écoulées et les travailleurs et travailleuses ukrainiens continuent de défendre leurs lieux de travail, leurs communautés et leur pays sous les attaques continues. IndustriALL réitère son soutien indéfectible aux travailleurs ukrainiens et à leurs syndicats et appelle à la fin immédiate de l'agression russe, au respect total du droit international humanitaire et à une reconstruction fondée sur les droits syndicaux, le dialogue social et les principes démocratiques.

La CSI a créé un Fonds de solidarité pour l'Ukraine. IndustriALL exhorte tous ses affiliés à verser, en cet hiver critique, des contributions ciblées, spécialement affectées à cette action, en signe de solidarité avec les travailleurs ukrainiens et leurs syndicats. Détails ci-dessous :

Référence : Fonds de solidarité

Compte CSI : 068-9007804-23

(BIC/Swift: GKCCBEBB - IBAN: BE92 0689 0078 0423)

Banque Belfius S.A.

Place Rogier 11

1000 Bruxelles Belgique

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