03/05/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/05/2026 09:57
Les conclusions d'un rapport thématique adopté par le Comité des Ministres soulignent que l'histoire et la culture roms restent largement absentes ou mal représentées dans les programmes scolaires d'un trop grand nombre d'États membres du Conseil de l'Europe.
Lorsque le sujet est abordé, il est souvent fragmenté ou présenté à travers des récits reposant sur la victimisation et sur les stéréotypes au lieu de refléter l'apport des Roms à l'histoire et à la culture européennes. Cette lacune perpétue les préjugés, sapant les efforts visant à promouvoir une compréhension interculturelle chez les élèves.
L'histoire et la culture roms devraient figurer dans les programmes scolaires
Le rapport conclut que le Conseil de l'Europe a certes élaboré des normes solides encourageant la multiperspectivité, l'éducation aux droits humains et le dialogue interculturel, mais que leur mise en œuvre au niveau national reste inégale. S'il existe des initiatives prometteuses, elles dépendent encore beaucoup de l'engagement des enseignant·es, des écoles ou des organisations de la société civile et ne s'inscrivent pas dans une approche éducative systémique.
L'un des principaux défis relevés est le manque de formations structurées pour le corps enseignant sur l'histoire et la culture roms. Faute de préparation adéquate, les enseignant·es ont souvent du mal à traiter correctement les thématiques des stéréotypes et de l'antitsiganisme en classe. Le rapport souligne également l'implication limitée des parents, y compris des familles roms, dans le soutien à l'enseignement de l'histoire rom. Le manque de confiance en soi et les stratégies de sensibilisation limitées se traduisent souvent par une faible participation aux cours optionnels liés à la langue, à la culture ou à l'histoire roms.
La ségrégation scolaire demeure une autre préoccupation. Si les efforts faits pour enseigner l'histoire des Roms sont importants, dispenser cet enseignement dans des structures faisant l'objet de ségrégation risque de compromettre l'impact escompté. Des environnements d'apprentissage inclusifs et intégrés sont indispensables pour promouvoir l'égalité, le respect mutuel et la cohésion sociale.
Un potentiel d'amélioration de l'enseignement de l'histoire des Roms
Certaines initiatives montrent qu'il est possible d'avancer dans ce domaine. Des programmes du Conseil de l'Europe tels que RomaMemory , les tutoriels HISTOLAB et un programme de renforcement des capacités soutenant la mise en œuvre de la Recommandation CM/Rec(2020)2 contribuent à préparer le terrain pour un changement systémique. Les institutions culturelles, notamment les musées, les théâtres et les lieux de mémoire, offrent également de précieuses possibilités d'apprentissage concret qui peuvent enrichir l'enseignement de l'histoire des Roms.
Le rapport souligne que l'enseignement de l'histoire des Roms ne se limite pas à la transmission de faits historiques mais vise aussi à remettre en question les stéréotypes et à lutter contre l'antitsiganisme. Faire évoluer les mentalités reste un défi, car l'impact des matériels pédagogiques dépend en fin de compte de la manière dont ils sont utilisés en classe.
Le rapport encourage donc les États membres du Conseil de l'Europe à prendre des mesures décisives pour intégrer pleinement l'histoire et la culture roms dans les programmes scolaires nationaux, selon des approches fondées sur la multiperspectivité et en consultation avec des historien·nes , enseignant·es et représentant·es des communautés roms. Il est notamment recommandé de renforcer la formation du corps enseignant, d'étendre les pratiques prometteuses, de réviser les manuels scolaires et de promouvoir l'engagement des parents.