07/28/2026 | Press release | Distributed by Public on 07/28/2026 04:21
Genève, 28 juillet 2026 - Des centaines de milliers de personnes dans le monde sont tombées aux mains de réseaux criminels et ont été contraintes de participer à des opérations d'escroquerie en ligne dans le cadre d'une industrie criminelle générant plusieurs milliards de dollars, avertit aujourd'hui l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), à l'approche de la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet sous le thème « Piégés derrière l'arnaque ».
Les victimes de la traite des personnes sont souvent attirées par de fausses offres d'emploi promettant un travail légitime à l'étranger. Une fois sur place, nombre d'entre elles sont enfermées dans des complexes d'escroquerie, privées de leurs documents d'identité, placées sous surveillance constante et contraintes, par la violence, les menaces et l'endettement, de mener des opérations d'escroquerie en ligne ciblant des personnes dans le monde entier. Les survivants témoignent d'actes de torture, d'abus sexuels, de privation de nourriture et d'isolement.
« Les personnes piégées dans des complexes d'escroquerie sont des victimes de la traite des personnes, forcées de commettre des crimes sous l'effet de la violence, des menaces et de la coercition. Elles méritent protection, et non punition », a déclaré la Directrice générale de l'OIM, Amy Pope. « Nous devons travailler ensemble pour soutenir les survivants, traduire les trafiquants en justice et combler les lacunes que ces réseaux criminels exploitent. Aucun pays ne peut relever ce défi seul. »
L'ampleur de ce phénomène est stupéfiante. Selon de nouvelles estimations du Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), les pertes annuelles combinées liées aux escroqueries en Asie de l'Est, en Asie du Sud-Est, en Australie et en Nouvelle-Zélande sont estimées entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars É.-U. pour la seule année 2025, une grande partie de ces activités étant liée au crime organisé. Les complexes d'escroquerie de la région abriteraient des centaines de milliers de travailleurs victimes de la traite.
Alors que la traite des personnes à des fins de criminalité forcée continue de s'étendre en Asie et au-delà, l'OIM a lancé sa nouvelle Stratégie régionale de réponse au trafic de personnes à des fins de criminalité forcée en Asie et dans le Pacifique (2026-2030). Cette stratégie présente la vision de l'Organisation pour lutter contre l'une des formes de traite qui connaît la croissance la plus rapide au monde, en mettant fortement l'accent sur la protection des victimes, la prévention, la coopération transfrontalière et le renforcement des partenariats visant à démanteler les réseaux de traite.
Entre 2022 et 2025, l'OIM a aidé plus de 3 500 victimes de la traite des personnes à des fins de criminalité forcée en Asie du Sud-Est, originaires de 39 pays. Les principaux pays d'origine étaient l'Indonésie, l'Inde, le Sri Lanka, l'Éthiopie, le Kenya et le Bangladesh. Le message central de la campagne de cette année est clair : les personnes contraintes de commettre des actes criminels dans des complexes d'escroquerie sont des victimes de la traite des personnes, et non des criminels, et elles doivent être protégées, non punies.
Le sauvetage n'est que la première étape. Les survivants sont souvent confrontés à des traumatismes graves, à la stigmatisation, à l'endettement, à l'absence de documents d'identité et à la crainte de poursuites judiciaires. Ils ont besoin d'un soutien continu pour rentrer chez eux en toute sécurité et reconstruire leur vie. La réponse de l'OIM comprend l'identification des victimes, leur orientation vers des services de protection, une assistance directe, la coordination avec les autorités consulaires, l'aide au retour et à la réintégration en toute sécurité, ainsi que la coopération avec les gouvernements et les partenaires chargés de l'application de la loi afin de renforcer l'identification des victimes, la coopération transfrontalière et la responsabilité des trafiquants.
Afin de renforcer sa réponse, l'OIM appelle à un soutien continu en faveur des victimes de la traite des personnes, notamment par le biais de mesures de protection, d'un retour sûr et d'une réintégration durable. L'Organisation appelle également à intensifier les efforts de sensibilisation aux méthodes employées par les trafiquants afin que chacun puisse reconnaître les risques et savoir où obtenir de l'aide.
Pour soutenir les victimes de la traite, faites un don ici.