06/25/2026 | Press release | Distributed by Public on 06/25/2026 08:13
Pendant près d'un an, le gouvernement de droite a essayé de faire avaler son Pacote laboral (« paquet travail »), un paquet de démantèlement du droit du travail et de casse de la sécurité sociale. Après 11 mois de lutte acharnée par un large front social, le texte a été rejeté au Parlement.
Jeudi 25 juin 2026
Texte de Benjamin Pestieau, secrétaire général adjoint du PTB
Plus de 100 articles du Code du travail étaient visés. Quelques exemples parlants permettent de mesurer l'ampleur de l'attaque.
Le gouvernement voulait allonger la semaine de travail à 45 heures via le retour de la « banque d'heures individuelle », supprimée en 2019, avec jusqu'à 2 heures de travail en plus par jour.
Il voulait également faciliter les licenciements : un employeur aurait pu, dans toute entreprise, demander à un juge de ne pas réintégrer un salarié licencié illégalement - un droit aujourd'hui réservé aux microentreprises.
Le texte prévoyait aussi d'étendre la précarité, avec des contrats à durée déterminée pouvant aller jusqu'à 3 ans, voire 5 ans pour les contrats à terme incertain.
Il visait à faciliter la sous-traitance après un licenciement collectif, en réduisant de 12 à 6 mois le délai avant d'y recourir.
Le droit de grève aurait lui aussi été restreint, avec un élargissement des « services minimums » obligatoires.
L'activité syndicale aurait été affaiblie dans les entreprises sans salariés syndiqués : les réunions n'auraient pu avoir lieu qu'en dehors des horaires de travail, et l'affichage aurait été soumis à l'autorisation de l'employeur.
Le gouvernement voulait également instaurer une « Prestation Sociale Unique », dans le but de remplacer tous les systèmes de sécurité et de protection sociales existants.
Enfin, bien d'autres mesures touchaient les congés parentaux et d'allaitement, la formation et le télétravail.
En gros : il s'agissait de dégrader les droits et les conditions de vie des travailleurs et de démanteler la sécurité sociale au profit du grand patronat.
Cette victoire historique est le fruit d'une lutte acharnée, menée par la Confédération générale des travailleurs portugais, la CGTP. Sous la direction de son secrétaire général, Tiago Oliveira, un mécanicien de profession, le mouvement a organisé une mobilisation constante pour faire échouer la réforme.
Deux grèves générales massives ont eu lieu, le 11 décembre 2025 puis le 3 juin 2026, avec un impact particulièrement fort dans l'industrie et les transports.
Des mobilisations massives ont également eu lieu dans la rue, notamment la marche « Luta, caminho da Vitória » - lutter et prendre le chemin de la Victoire - à Lisbonne.
La lutte s'est aussi organisée sur les lieux de travail : la résistance s'est construite directement à la base, dans les entreprises.
Cette lutte victorieuse a également été menée de front avec le PCP, le Parti communiste portugais, et les autres partis d'opposition dans le Parlement portugais, où se sont multipliées les interpellations du Premier ministre et les votes contre le texte.
Le 19 juin, le rapport de force construit dans la rue et les entreprises a fini par isoler complètement le gouvernement : seuls le PSD, le CDS-PP et l'Initiative libérale ont voté pour le texte.
« O pacote caiu ! » Le paquet est tombé.
Onze mois plus tard, c'est une victoire du mouvement social, qui a réussi à obtenir le rejet complet de la réforme.
Pour Paulo Raimundo, secrétaire général du PCP, ce résultat démontre que la mobilisation est le seul chemin efficace pour contrer les politiques de droite. Il souligne que malgré les mensonges du gouvernement et du patronat, la force de la grève générale, notamment dans l'industrie, a été déterminante pour imposer ce recul au pouvoir en place.
Obrigado aux travailleuses et travailleurs portugais pour cette belle inspiration.