01/20/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/20/2026 03:28
Certains groupes parlementaires et les organisations patronales ont lancé de nouvelles
offensives pour obliger les salarié es à travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement
chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs-euses à l'international.
C'est le sens de la proposition de loi adoptée au Sénat, « Permettre aux salariés de certains
secteurs de travailler le 1er mai » largement appuyée par le gouvernement de l'époque, qui a
engagé la procédure accélérée, comme si l'urgence était de faire travailler les salarié es le 1er mai
La loi actuelle prévoit que seuls « les établissements et services qui, en raison de la nature de leur
activité, ne peuvent interrompre le travail » peuvent faire travailler leurs salarié-es. La proposition
de loi étend la dérogation à un ensemble de secteurs professionnels, aux dépens des salarié es
mais aussi des petits commerces indépendants de proximité qui pouvaient jusqu'ici déjà ouvrir
ce jour-ci sans subir la concurrence des grandes entreprises.
Cette proposition de loi, soumise au vote d'une niche parlementaire le 22 janvier, remettrait en
cause ce jour de repos rémunéré pour l'ensemble des salarié es. Le projet d'établir une liste
d'établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse
exceptionnalité du 1er mai. Or à chaque fois qu'un principe est remis en cause, la dérogation
s'étend progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l'illustration. Une fois le
travail généralisé ce jour-là, les majorations n'ont plus lieu d'être. Quant au « volontariat », ajouté
pour rassurer, il n'existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de
travail, d'autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les
salarié es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les
nouveaux-elles salarié es.
Enfin, cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les
droits des travailleuses et travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en
France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1ºr mai 1891. Remettre en cause le
principe de cette journée, c'est remettre en cause plus de 100 ans d'histoire de lutte sociale.
Par nos alertes syndicales nous avons participé à modifier la première version de la proposition
de loi. Le texte adopté au Sénat reste un recul pour des millions de salarié es. Par nos
interpellations et notre mobilisation, nous pouvons encore empêcher cette régression sociale
inacceptable.
Alors qu'elle est inscrite dans la niche parlementaire le 22 janvier, les organisations syndicales
CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires, FSU, appellent les député es à s'opposer à
cette proposition de loi. Dans cette période troublée, gardons des temps en commun
d'apaisement. Le 1ºr mai doit rester ce qu'ilest : un jour férié et chômé.