05/26/2026 | Press release | Distributed by Public on 05/26/2026 11:53
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Préfet maritime, cher Christophe,
Monsieur le Secrétaire général de la mer, cher Xavier,
Monsieur le Directeur général des Affaires maritimes, de la Pêche et de l'Aquaculture, cher Éric,
Monsieur le Directeur Interrégional de la mer,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des fédérations nautiques, de la SNSM, des forces de secours et de sécurité,
Monsieur le Directeur du CROSS Méditerranée,
Chers agents du CROSS,
Chers partenaires,
Mesdames et Messieurs,
C'est un honneur pour moi d'inaugurer ce CROSS Méditerranée rénové, un symbole fort de l'engagement de l'État en faveur de la sécurité en mer. Et c'est tout naturellement que je l'ai choisi pour lancer la campagne nationale de prévention et d'information sur la sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance.
Et je voudrais commencer mon intervention en vous parlant de la mer, qui est un espace de liberté pour la navigation, un espace d'activités parmi lesquelles les loisirs, mais la mer est avant tout un milieu vivant, dynamique, en interaction avec l'atmosphère et par conséquent elle obéit à des règles physico-chimiques, biologiques même, qu'il nous faut apprendre à connaître car elles peuvent être sources de risques. Et je ne peux m'empêcher d'évoquer les conséquences du dérèglement climatique et les phénomènes soit de vent, soit de chaleur comme aujourd'hui, qu'il nous faut intégrer dans nos pratiques.
La mer se pratique avec ou sans engins, navires ou embarcations de toutes sortes. Et si elle nous apprend bien une chose à nous marins, c'est l'anticipation. Car la mer peut ne pas pardonner l'imprévoyance.
C'est pourquoi, en tant que ministre de la Mer, mais aussi en tant que navigatrice, je porte cette politique publique avec la conviction qu'il nous faut développer la culture du risque, qu'il faut faire de la sécurité une culture partagée, une priorité collective, car le risque zéro n'existe pas et c'est le sens même de votre mission à laquelle je souhaite aujourd'hui rendre hommage.
Je voudrais ainsi saluer l'exceptionnel travail des équipes du CROSS Méditerranée. Officiers, officiers mariniers, personnels civils, techniciens, réservistes - vous travaillez pour le ministère de la mer. Vous êtes les sentinelles de nos côtes. Votre engagement, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, souvent dans l'urgence et sous pression, sauve des vies. En 2025, ce sont plus de 4 500 opérations que vous avez coordonnées, impliquant plus de 10 000 personnes. Derrière ces chiffres, il y a des drames évités, des familles préservées, des vies protégées.
Je veux aussi rendre hommage à l'ensemble de la chaîne opérationnelle qui agit au quotidien pour secourir en mer :
La sécurité en mer, c'est l'affaire de tous. Aucun acteur ne peut agir seul. Et c'est cette solidarité opérationnelle que nous célébrons aussi aujourd'hui.
Les travaux que nous inaugurons aujourd'hui, financés par le ministère dans le cadre du plan France Relance et pilotés par la DGAMPA, sont une illustration concrète de notre engagement. Moderniser un centre opérationnel sans interrompre les missions, garantir en permanence la continuité du secours en mer - c'était un défi technique et humain. Je tiens à saluer :
Ces investissements - modernisation des outils, résilience des infrastructures - sont indispensables pour faire face à l'augmentation des activités nautiques et aux nouveaux risques (développement des foils, engins motorisés, conflits d'usage…). La Méditerranée, avec sa forte pression touristique et son trafic intense, est un laboratoire des enjeux maritimes de demain. Et ce CROSS rénové en est la preuve : l'État se donne les moyens d'agir.
Moderniser nos outils est nécessaire, mais pas suffisant. Car les chiffres que nous avons enregistrés en 2025 sont alarmants :
Ces chiffres nous rappellent que beaucoup d'accidents pourraient être évités. Trop de départs mal préparés ou de méconnaissance des règles, trop de comportements à risque - alcool, stupéfiants, excès de vitesse, non-port des équipements de sécurité.
Face à ce constat, l'État doit renforcer son dispositif habituel, à la fois en mer et sur les eaux intérieures. C'est pourquoi je porte aujourd'hui un « plan de sécurité en mer », structuré autour de deux piliers :
Dès cet été, un décret créera deux nouvelles infractions pour la navigation de plaisance à moteur :
Et nous irons plus loin : nous travaillons, dans le cadre du projet de loi RIPOST, actuellement en discussion au Parlement, à renforcer le cadre législatif sur la consommation d'alcool et de stupéfiants. Car naviguer sous emprise, c'est mettre sa vie et celle des autres en danger.
Cependant, j'en suis convaincue, en mer comme partout, la meilleure politique c'est de prévenir plutôt que de guérir.
La campagne annuelle que je lance aujourd'hui s'adresse à tous les usagers de la mer, des plaisanciers expérimentés aux baigneurs occasionnels.
Je rappelle les six axes prioritaires définis :
Pour toucher le plus grand nombre, ce dispositif s'appuie sur :
Pilotée par mon ministère, cette campagne doit s'appuyer sur l'ensemble des services de l'Etat : l'administration centrale, et notamment les équipes du ministère de la Mer et de la Pêche qui ont contribué à la création de cette campagne et que je veux ici remercier, cher Eric, mais également le Secrétariat général à la Mer, ainsi que tous les services déconcentrés : préfectures maritimes, préfectures, DIRM, DDTM et, évidemment, les CROSS.
Je veux aussi saluer le rôle de l'Institut National du Nautisme (I2N), que j'ai inauguré il y a quelques jours avec la ministre des Sports. Le Système National d'Observation de la Sécurité des Activités Nautiques (SNOSAN), intégré à l'I2N lors de sa création, nous fournit des données précieuses pour affiner nos actions.
Notez que nous travaillons à moderniser les formations, notamment les épreuves du permis côtier et hauturier, qui n'avaient pas évolué depuis des années. D'ici le printemps 2027, elles intégreront les nouveaux enjeux environnementaux et de sécurité maritime. Car un plaisancier bien formé est un plaisancier en sécurité.
Mesdames et Messieurs,
La mer est un espace de liberté, la sécurité en mer dépend de chacun d'entre nous.
On dit parfois qu'« une mer calme n'a jamais fait un bon marin. », j'ajouterais qu'un bon marin, sur une mer calme ou moins calme, est avant tout un marin préparé. Faisons en sorte que cette saison estivale soit synonyme de plaisir responsable, de loisirs sûrs, et de retours au port sans encombre.
Je compte sur vous tous - services de l'État, acteurs du nautisme, citoyens - pour faire de cette campagne un succès. Ensemble, faisons de la sécurité en mer une culture, une évidence, une priorité.
Je vous remercie.