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01/14/2026 | Press release | Distributed by Public on 01/14/2026 15:23

Yémen: le risque élevé d’un retour à des cycles de violence inquiète les délégations au Conseil de sécurité

La nécessité d'éviter l'escalade et de préserver l'intégrité territoriale du Yémen a été au cœur des préoccupations ce matin au Conseil de sécurité, alors que l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour ce pays avertissait d'un risque élevé de retour à des cycles de violence. La situation humanitaire n'a pas moins inquiété les délégations, sous l'éclairage d'un responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), de même que la détention par les autorités houthistes de facto de 73 employés de l'ONU, dont ils ont appelé à la libération.

L'Envoyé spécial M. Hans Grundberg, comme les intervenants, a prôné un dialogue inclusif entre toutes les composantes yéménites, afin de répondre aux priorités immédiates de la population: services de base, paiement des salaires, liberté de mouvement et institutions fonctionnelles. Le Yémen a besoin de solutions politiques et non de recours à la force, avec le soutien uni du Conseil de sécurité, a-t-il martelé.

Tensions internes et instabilité économique

Dans son exposé de la situation, l'Envoyé spécial a relaté les événements récents qui se sont déroulés dans le sud du pays, notamment dans les provinces du Hadramout et de Mahra, et qui ont ravivé la fragilité des équilibres sécuritaires et politiques, tout en aggravant une crise humanitaire déjà dramatique. « La désescalade observée depuis 2022 n'a constitué qu'un répit temporaire et non une solution durable. »

Il y a eu, en décembre, des mouvements militaires significatifs, a-t-il rapporté: des forces affiliées au Conseil de transition du Sud ont tenté d'étendre leur présence dans l'est du pays. En réaction, des forces alignées sur le Gouvernement, avec le soutien de l'Arabie saoudite, sont intervenues en janvier pour reprendre le contrôle de ces provinces et sécuriser des infrastructures cruciales, notamment à Aden. Ces évolutions se sont accompagnées de changements politiques et de décisions de commandement, accentuant les tensions internes.

L'Envoyé spécial a insisté sur le caractère indissociable des défis politiques, économiques et sécuritaires, avertissant que l'instabilité économique continue de peser lourdement sur les ménages et que des réformes sont indispensables pour restaurer la confiance. Il s'est également insurgé de la détention de membres du personnel de l'ONU en appelant à leur libération immédiate.

Les efforts du Gouvernement yéménite mis en avant

Le représentant du Yémen a tenu à rappeler que les milices houthistes constituent la cause profonde de l'instabilité et des souffrances endurées depuis plus d'une décennie. La restauration de l'autorité de l'État est une priorité pour les dirigeants du Yémen, a-t-il assuré en demandant à ses homologues un appui significatif. « Toute hésitation de la communauté internationale à soutenir les institutions légitimes ne ferait que prolonger le conflit et aggraver la crise humanitaire. »

Le Yémen a mené de récentes opérations, avec l'appui de la Coalition pour la restauration de la légitimité, a indiqué le délégué en mentionnant la vaste action nationale qui visait à reprendre le contrôle des camps militaires dans les provinces libérées, en commençant par le Hadramout et Mahra et allant jusqu'à Aden.

Parallèlement, a-t-il poursuivi, le Gouvernement a affirmé son engagement envers les droits humains et l'état de droit, annonçant la fermeture des centres de détention illégaux, la libération des personnes détenues arbitrairement et l'ouverture d'enquêtes transparentes. Le délégué a également mis en avant la poursuite du versement des salaires, la mise en œuvre de réformes économiques et administratives et la relocalisation prochaine des institutions étatiques à l'intérieur du pays. Il a également signalé la création d'un comité militaire suprême destiné à unifier les forces armées conformément à l'Accord de Riyad.

Des pays voisins néanmoins inquiets

Malgré ces indications se voulant rassurantes, plusieurs États de la région ont exprimé leurs préoccupations face aux développements récents dans le sud à commencer par Bahreïn qui a mis en garde contre toute escalade sécuritaire portant atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du Yémen. Craignant des répercussions directes sur la stabilité régionale, il a appelé à la retenue et au dialogue, rappelant que seule une solution politique fondée sur les résolutions du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2216 (2015), peut mettre fin durablement au conflit.

Bahreïn a salué les initiatives régionales en ce sens, en particulier celles de l'Arabie saoudite avec la tenue à Riyad d'un dialogue sur la question du Sud, qu'il considère comme une étape positive pour réduire les tensions. Il a également condamné les menaces à la sécurité maritime en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandab, ainsi que la détention arbitraire de personnels onusiens. L'Arabie saoudite a réaffirmé son soutien ferme à la sécurité, à la stabilité et à l'unité du Yémen, tout en condamnant les actions militaires unilatérales dans le Hadramout et à Mahra, qu'elle considère comme une menace directe pour sa sécurité nationale et pour la stabilité régionale.

Les Émirats arabes unis ont rappelé leur engagement passé au sein de la coalition menée par l'Arabie saoudite pour rétablir la légitimité au Yémen, mettant en avant leur rôle dans la libération de zones stratégiques et la lutte contre le terrorisme, tout en soulignant le coût humain de cette implication et en annonçant avoir achevé de retirer leurs forces militaires. La délégation des Émirats arabes unis a affirmé toutefois maintenir un soutien ferme au peuple yéménite, notamment sur le plan humanitaire, ayant fourni plus de 8 milliards de dollars d'aide.

Stopper l'escalade et stopper les houthistes

Parmi les membres du Conseil, les appels à la désescalade se sont fait entendre, dans l'espoir de relancer un processus politique crédible. Le Pakistan a ainsi encouragé à la retenue et réaffirmé son attachement à l'unité et à l'intégrité territoriale du Yémen. Comme d'autres, il a condamné les détentions arbitraires de personnels humanitaires et diplomatiques.

Même son de cloche chez les A3 (Libéria, République démocratique du Congo et Somalie) qui ont exprimé leur profonde préoccupation face à la fragilité persistante de la situation, assurant suivre de près les tensions dans le sud et l'est du pays. Ils ont salué le processus de Riyad et les signes récents de désescalade, notamment à Aden. Les membres africains du Conseil ont dit néanmoins craindre les rivalités internes et les mesures unilatérales susceptibles de fragmenter davantage le pays.

La nécessité de lutter contre la menace que représentent les houthistes, pour la sécurité régionale et la liberté de navigation, a été reconnue par tous, mais les moyens pour y parvenir ont été vus différemment. Les États-Unis ont plaidé pour la désignation des houthistes comme organisation terroriste en critiquant l'efficacité de la Mission des Nations Unies en appui à l'Accord sur Hodeïda (MINUAAH), qu'ils estiment « incapable de surmonter l'obstruction houthiste ». La représentante américaine a appelé ses homologues à envisager de mettre un terme à cette mission à la fin de ce mois.   

À l'inverse, la Russie a insisté sur l'importance de maintenir la présence de l'ONU dans tout le pays, y compris à Hodeïda, la voyant comme un facteur stabilisateur. Elle a plaidé pour une révision du cadre juridique existant, y compris de la résolution 2216 (2015). La Chine, pour sa part, a rejeté toute solution militaire, appelant à la retenue et au respect du droit international, en vue de faire des avancées concrètes vers un cessez-le-feu national. Elle a soutenu les efforts régionaux et le dialogue politique.

« Il n'existe pas de solution militaire à la crise au Yémen », a reconnu également la Grèce, faisant écho à certains membres européens du Conseil, dont la France et le Royaume-Uni, qui ont appelé à l'unité des institutions yéménites. Ils ont également insisté sur l'importance de la sécurité maritime en mer Rouge et du soutien aux efforts de l'Envoyé spécial.

La situation humanitaire

Sur le plan humanitaire, M. Ramesh Rajasingham, Directeur de la Division du secteur humanitaire à l'OCHA, a prévenu que les besoins augmentent pendant que l'accès et le financement se réduisent. Plus de 18 millions de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire aiguë, près de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë, et des milliers de structures de santé et de nutrition ont fermé ou sont menacées de fermeture, a-t-il informé.

En outre, la détention de 73 employés de l'ONU par les autorités houthistes de facto entrave gravement les opérations humanitaires. À l'instar de tous les intervenants ce matin, l'OCHA a appelé à leur libération immédiate, à l'augmentation du financement et au maintien de l'unité du Conseil pour défendre les principes humanitaires. M. Rajasingham a averti que sans action rapide, la famine, les maladies et la mortalité continueront d'augmenter.

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