09/16/2026 | Press release | Archived content
Bonjour ou bonsoir,
J'ai déjà dit que l'épidémie de maladie d'Ebola en République démocratique du Congo avait pris une ampleur considérable, et que nous essayons toujours de rattraper notre retard.
Nous commençons désormais à voir des signes encourageants indiquant que nous gagnons du terrain.
Dans les zones les plus touchées de la province de l'Ituri, la transmission diminue ;
le Sud-Kivu n'a signalé aucun nouveau cas depuis mai ;
plus de 1700 personnes se sont rétablies ;
et, au bout de quatre mois, l'épidémie a été circonscrite principalement au nord-est de la RDC, à l'exception d'un foyer limité en Ouganda qui a été rapidement endigué.
Ce n'est pas un hasard. Ce résultat est le fruit du leadership du gouvernement de la RDC, d'un partenariat étroit entre l'OMS, les CDC-Afrique et des centaines de partenaires, ainsi que du travail acharné de milliers d'agentes et agents de santé et d'intervenantes et intervenants de première ligne.
Les essais de traitements et de prophylaxie postexposition s'accélèrent, grâce à une mobilisation communautaire accrue ;
et les essais de vaccins devraient commencer dans les semaines à venir.
Il ne s'agit pas d'un simple exercice scientifique. Nous nous préparons d'ores et déjà à élargir l'accès aux produits, s'ils s'avèrent efficaces lors des essais.
Mais ne vous y trompez pas. L'épidémie continue de s'étendre, et continue de tuer.
Plus de 7200 cas et plus de 3500 décès ont été signalés dans sept provinces.
Même si l'on observe des signes d'une baisse de la transmission en Ituri, celle-ci part d'un niveau élevé.
Rien qu'au cours de la semaine écoulée, environ 300 nouveaux cas et 160 décès ont été signalés en Ituri, ce qui représente près de la moitié du total national.
Dans le Nord-Kivu, les cas augmentent rapidement. Au cours des deux dernières semaines, le nombre de cas hebdomadaires a presque doublé, passant d'une centaine à plus de 200.
La région est si vaste qu'il est difficile de parler d'une seule épidémie.
Il y a de nombreuses flambées épidémiques, dans de nombreux endroits. Nous devons apporter la bonne réponse dans chacun d'entre eux.
Il y a de grandes villes, comme Kisangani, qui compte 1,5 million d'habitants, ainsi que des villages isolés.
Il y a des zones touchées par le conflit, des zones minières et des endroits peu peuplés près de la frontière avec le Soudan du Sud.
Dans une région où la mobilité de la population est très forte, cette épidémie peut encore se propager.
C'est un environnement de travail extrêmement difficile.
Dans de nombreuses zones, les routes sont à peine praticables, et il est souvent difficile d'atteindre certaines populations avec de petits avions.
Et même si la majeure partie de la population congolaise soutient la riposte, une petite minorité s'en est prise au personnel humanitaire et aux établissements de soins.
Cela rend encore plus difficile un travail déjà exigeant.
Les indicateurs clés ne s'améliorent pas encore comme ils le devraient. La riposte devra être maintenue et renforcée pendant plusieurs mois qui s'annoncent difficiles.
Et nous devons nous rappeler que la maladie d'Ebola n'est pas la seule menace à laquelle la population de la RDC est confrontée.
Une épidémie de maladie d'Ebola ne fait qu'aggraver les choses. La faim progresse. Les gens ne vont plus dans les centres de santé. La mortalité maternelle augmente. Les traitements contre le VIH sont interrompus.
Pour ralentir cette épidémie et l'arrêter, nous avons besoin de ressources.
De nombreux donateurs nous ont apporté un généreux soutien. Nous leur en sommes reconnaissants, mais nous avons besoin de plus.
Nous demandons à tous les donateurs de veiller à ce que le plan de riposte du gouvernement et l'action humanitaire dans son ensemble soient entièrement financés.
===
La maladie d'Ebola nous rappelle une fois de plus la menace constante de flambées épidémiques, d'épidémies et de pandémies.
La semaine prochaine, des dirigeants se réuniront à l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York, pour renouveler les engagements qu'ils ont pris en matière de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies.
Ces derniers mois, les pays ont négocié une déclaration politique forte, assortie d'engagements visant à renforcer tous les aspects de la sécurité sanitaire mondiale.
La déclaration politique est claire : le monde reste insuffisamment préparé.
Elle appelle à des actions concrètes, mesurables et urgentes pour combler les lacunes.
Il faut pour ce faire renforcer les capacités locales et nationales, et notamment la surveillance, les laboratoires, les systèmes d'alerte précoce, la lutte anti-infectieuse, et assurer la protection des personnels de santé.
Il faut investir dans la préparation et dans des systèmes de santé résilients, fondés sur les soins de santé primaires et la couverture sanitaire universelle, capables de maintenir les services essentiels lors des situations d'urgence.
Il faut aussi de la solidarité et de l'équité dans l'accès aux produits, aux outils et aux ressources.
Dans le projet de déclaration, les pays s'engagent à intensifier la recherche et à diversifier la production du point de vue géographique, afin que les vaccins, les produits de diagnostic et les traitements soient disponibles, abordables et accessibles dans les 100 premiers jours suivant l'apparition d'une menace pandémique.
Le projet de déclaration appelle également à une approche « Une seule santé » ;
une mobilisation communautaire inclusive ;
des actions contre la mésinformation ;
une mise en œuvre plus rigoureuse du Règlement sanitaire international ;
et, surtout, il appelle à conclure dans les meilleurs délais l'annexe relative à l'accès aux agents pathogènes et au partage des avantages de l'Accord de l'OMS sur les pandémies, que les États Membres négocient ici même à Genève, à l'heure où nous parlons.
Il est essentiel que les pays finalisent les négociations afin que l'Accord sur les pandémies puisse entamer le processus de ratification et entrer en vigueur.
Rien de tout cela ne peut se faire sans financement.
Les dirigeants s'engagent à renforcer les investissements nationaux, à mobiliser des ressources internationales durables et à rendre opérationnel le Mécanisme de coordination financière afin d'appuyer la mise en œuvre de l'Accord sur les pandémies et du Règlement sanitaire international.
La réunion de haut niveau et la déclaration politique sont importantes pour maintenir l'engagement politique au plus haut niveau.
Ce qui importe encore davantage, c'est ce qui se passe après l'Assemblée générale, lorsque les dirigeants rentrent dans leur pays et traduisent les engagements politiques en actions concrètes.
===
Passons maintenant au Yémen, où la récente escalade de la violence aggrave une crise sanitaire et humanitaire déjà préoccupante.
Les combats ont entraîné une forte augmentation du nombre de victimes et de personnes déplacées, tout en accentuant la pression sur un système de santé déjà soumis à une tension extrême.
Au Yémen, près de 20 millions de personnes ont besoin d'une aide sanitaire, et les attaques contre les établissements de santé, les pénuries de fournitures et de carburant ainsi que les perturbations des services d'orientation poussent le système au bord de l'effondrement.
Parallèlement, les risques de choléra, de rougeole, de poliomyélite, de dengue et de malnutrition augmentent, en particulier au sein des communautés déplacées vivant dans des conditions de surpeuplement et disposant d'un accès limité à l'eau potable et à l'assainissement.
L'OMS aide le Ministère de la santé en lui procurant des fournitures médicales d'urgence et coordonne ses actions avec ses partenaires pour renforcer les capacités d'intervention en première ligne.
Toutefois, l'accès humanitaire demeure fortement restreint et le manque de financements menace notre capacité à maintenir et à intensifier la riposte.
Nous appelons à la protection des soignantes et soignants et des établissements de santé, à un accès sûr et sans entrave pour les partenaires humanitaires, ainsi qu'à un soutien international accru pour répondre à des besoins qui augmentent rapidement.
===
Enfin, la Journée mondiale de la sécurité des patients et patientes sera célébrée demain.
Cette année, nous attirons l'attention sur les soins sûrs pour les maladies non transmissibles.
À mesure que les populations vieillissent et qu'un nombre croissant de personnes vivent plus longtemps avec des maladies chroniques, il devient de plus en plus important de garantir la sécurité des soins pour les personnes atteintes de MNT.
Un diagnostic tardif, un médicament inapproprié, une intervention dangereuse ou une mauvaise communication peuvent avoir des conséquences mortelles.
D'après une récente analyse réalisée par l'OMS, environ une personne sur six atteinte d'une maladie non transmissible subit des préjudices évitables lorsqu'elle reçoit des soins.
Ce chiffre est environ trois fois supérieur aux estimations des effets néfastes observés chez les personnes recevant des soins, quelle qu'en soit la raison.
La sécurité des soins doit être intégrée à chaque étape du parcours de soins, de la prévention et du diagnostic précoce jusqu'au traitement, à la prise en charge à long terme et aux soins auto-administrés.
Chacun a un rôle à jouer pour que cela se réalise : gouvernements, responsables de la santé, agentes et agents de santé, société civile, et patientes et patients eux-mêmes.
Car s'ils ne sont pas sûrs, ce ne sont pas des soins.
Tarik, c'est à vous.