03/23/2026 | Press release | Distributed by Public on 03/23/2026 12:27
La mission d'examen par l'AIEA de l'état d'avancement de l'infrastructure du programme électronucléaire du Rwanda s'est déroulée du 2 au 9 mars 2026. (Photo : Organe rwandais de l'énergie atomique)
Le Rwanda progresse dans l'ajout de l'électronucléaire à son bouquet énergétique, notamment en ce qui concerne le développement de l'infrastructure nécessaire à un programme électronucléaire sûr, sécurisé et durable. Tel est le constat d'une mission d'examen conduite par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Menée à la demande du Gouvernement rwandais, la mission d'examen intégré de l'infrastructure nucléaire (INIR) s'est déroulée du 2 au 9 mars 2026.
Une équipe d'experts de l'AIEA vient de conclure une mission de huit jours au Rwanda visant à examiner l'état d'avancement de l'infrastructure du programme électronucléaire rwandais. Le pays a pour ambition d'intégrer l'électronucléaire à son bouquet énergétique à hauteur de 60 à 70 %, comme en témoigne l'ajout de la production électronucléaire à moyen et long terme dans les stratégies du secteur national de l'énergie et dans le plan directeur national d'aménagement du territoire. Le Rwanda compte exploiter son premier petit réacteur modulaire (SMR) dès le début des années 2030.
Le programme électronucléaire rwandais a démarré en 2020 avec la mise en place par décret présidentiel de l'Organe rwandais de l'énergie atomique. L'électronucléaire fait partie de la politique énergétique du Rwanda, qui encadre le projet de politique en matière d'énergie nucléaire du pays et contribue à ses objectifs de réduction de sa dépendance aux importations d'électricité et aux combustibles fossiles.
Avant la mission INIR phase 1, le Rwanda a préparé un rapport d'auto-évaluation qui couvre toutes les questions liées à l'infrastructure électronucléaire et l'a soumis à l'AIEA accompagné de documents justificatifs. L'équipe INIR était composée de quatre experts venant d'Égypte, d'Estonie, du Kenya et du Pakistan ainsi que de six membres du personnel de l'AIEA.
L'équipe a relevé de bonnes pratiques susceptibles de profiter à d'autres pays qui lancent un programme électronucléaire, parmi lesquelles : une coordination et un engagement solides de la part du gouvernement, une mobilisation proactive des parties prenantes, et une organisation précoce et exhaustive en matière de préparation et de conduite des interventions d'urgence. L'équipe a également constaté les progrès réalisés concernant la rédaction d'une législation nucléaire détaillée, le lancement d'un effort d'amélioration du cadre réglementaire relatif au programme électronucléaire, la réalisation d'études de site et la détermination de sites candidats pour le projet de futur SMR.
« Le soutien résolu apporté par le gouvernement et la coordination efficace des travaux préparatoires ont aidé le Rwanda à accomplir des progrès considérables en vue de la définition de son programme électronucléaire », a affirmé Mehmet Ceyhan, responsable technique au sein de la Section du développement de l'infrastructure nucléaire de l'AIEA et chef d'équipe de la mission. « Le niveau de préparation et d'implication de toutes les organisations et de toutes les équipes ayant participé à la mission traduit un ferme engagement en faveur du programme. »
L'équipe a formulé des recommandations et des suggestions afin d'aider le Rwanda à continuer à avancer dans la mise en place de son infrastructure nucléaire et dans sa préparation pour la construction du premier SMR du pays. L'équipe a souligné plusieurs domaines d'action dans lesquels des mesures plus poussées permettraient au Rwanda de continuer à progresser, parmi lesquels la finalisation du rapport détaillé d'appui à la prise de décisions, au niveau national, en faveur de l'adoption de l'électronucléaire, l'achèvement de l'examen de la législation nationale, et la poursuite de l'élaboration et de l'approbation de politiques et de stratégies destinées à accompagner le programme électronucléaire.
« Le Rwanda demeure fermement résolu à assurer le développement responsable, sûr et transparent d'une infrastructure électronucléaire. L'examen de l'AIEA nous offre des orientations précieuses pour veiller à ce que notre cadre national soit conforme aux normes internationales de sûreté et aux meilleures pratiques en usage dans le monde » a déclaré Jimmy Gasore, Ministre des infrastructures du Rwanda.
À la lumière des résultats de la mission INIR, l'AIEA et le Rwanda mettront au point un plan de travail intégré pour continuer à fournir un appui coordonné dans l'optique du développement du programme électronucléaire du pays.
Les missions INIR
Les missions INIR se fondent sur l'approche par étapes de l'AIEA, qui comporte 19 questions liées à l'infrastructure, trois phases (examen, préparation et construction) et trois étapes (décision, conclusion d'un contrat et exploitation). Les missions INIR sont l'occasion pour les représentants des États Membres de l'AIEA de discuter en détail avec des experts internationaux des expériences et des meilleures pratiques de différents pays.
Lorsqu'elle élabore ses recommandations, l'équipe INIR tient compte des observations formulées par les organismes nationaux concernés. La mise en œuvre des recommandations et suggestions de l'équipe est laissée à la discrétion de l'État Membre qui a demandé la réalisation de la mission INIR. Les résultats de la mission doivent aider l'État Membre à élaborer un plan d'action pour combler les éventuelles lacunes recensées, ce qui facilitera ensuite la mise en place de l'infrastructure nucléaire nationale. Les missions de suivi INIR évaluent la mise en œuvre des recommandations et des suggestions formulées lors de la mission principale.