RSF - Reporters sans frontières

03/16/2026 | News release | Distributed by Public on 03/17/2026 09:09

Journalistes disparus au Mexique : la lutte contre l'impunité à l'ordre du jour des Nations unies

À l'occasion de la 145e session du Comité des droits de l'homme, Reporters sans frontières (RSF) et son partenaire local Propuesta Civica appellent les Nations unies à agir face à l'impunité qui entoure la disparition de journalistes au Mexique. Les disparitions entre 2006 et 2010 de José Antonio Garcia Apac, Mauricio Estrada Zamora, Maria Esther Aguilar Cansimbe et Ramon Angeles Zalpa sont actuellement examinées par le Comité des droits de l'homme.

Cela fait plus de 15 ans que leurs familles attendent des réponses. Mauricio Estrada Zamora, 38 ans, spécialiste de la rubrique des faits divers du journal La Opinión de Apatzingán, a quitté la rédaction pour rentrer chez lui vers 23 heures, le 12 février 2008. Il n'est jamais réapparu. José Antonio Garcia Apac, fondateur et rédacteur de l'hebdomadaire Eco de la Cuenca del Tepalcatepec, a lui disparu le 20 novembre 2006, après avoir été vraisemblablement arrêté par des forces de sécurité. Âgée de 32 ans et mère de deux fillettes de sept et neuf ans au moment de sa disparition, Maria Esther Aguilar Cansimbe,journaliste de El Diario de Zamora et Cambio de Michoacán, n'a plus donné signe de vie depuis novembre 2019. Quant à Ramon Angeles Zalpa, reporter pour le journal quotidien Cambio de Michoacán, aucune trace depuis 2010.

Face à l'impunité persistante dans les affaires de disparition de journalistes au Mexique, une délégation conjointe de RSF et son partenaire local Propuesta Civica a mené une mission de plaidoyer les 10 et 11 mars à Genève, aux Nations unies, afin de demander l'activation de mandats internationaux. L'objectif était de faire de ces cas une priorité au sein du système international de protection des droits humains, compte tenu de l'absence prolongée de vérité et de justice et de réaffirmer la nécessité d'une réponse plus ferme de la part des mécanismes des Nations unies. Actuellement, 28 journalistes sont toujours portés disparus au Mexique, dont certains depuis 1995.

"La situation au Mexique est grave : la disparition de journalistes s'inscrit dans un contexte de violence structurelle, de gouvernance criminelle et de mainmise sur les parquets, ce qui met en évidence un schéma de violence contre la presse toléré par l'État et caractérisé par des omissions systématiques et l'absence de justice. Une action internationale soutenue est urgente afin de contribuer à briser le cycle de totale impunité qui persiste dans le pays. Nous appelons également le gouvernement mexicain à faire tout ce qui est en son pouvoir pour apporter des réponses aux familles.

Antoine Bernard
Directeur du plaidoyer et de l'assistance de RSF

"Il est essentiel de renforcer les capacités techniques des parquets et de garantir l'efficacité des enquêtes sur les disparitions au Mexique, notamment en identifiant les réseaux criminels et leurs éventuels liens avec des acteurs étatiques. Le pays n'a pas encore élaboré de politique nationale pour enquêter sur les disparitions de longue date qui permettrait de réexaminer les affaires dans lesquelles des omissions ont été commises lors des premières enquêtes, grâce à l'utilisation de nouvelles technologies médico-légales et à des pistes d'enquête actualisées.

Sara Mendiola
Directrice exécutive de Propuesta Civica

Au cours de sa visite, la délégation a tenu des réunions avec des acteurs clés du système international de protection, notamment le secrétariat et l'unité des pétitions du Comité des droits de l'homme, le bureau de la rapporteuse spéciale sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, le groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, ainsi que la responsable de la section des Amériques du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

La mission s'est concentrée sur quatre cas emblématiques de journalistes disparus dans l'État de Michoacan, dans lesquels l'implication d'agents de l'État, ou l'inaction des forces de sécurité, des parquets et de la justice face à leur disparition, peut être solidement documentée par les deux organisations. Ces affaires en sont à différents stades de la procédure judiciaire et pourraient déboucher sur des décisions clés concernant la responsabilité internationale de l'État mexicain.

Mauricio Estrada Zamora (2008) et Ramon Angeles Zalpa (2010) : les cas ont été soumis aux Nations unies en 2022 et ont été reçus par le Comité des droits de l'homme. L'État mexicain a présenté ses justifications, tandis que RSF et Propuesta Civica ont présenté leur réplique. Les affaires sont prêtes à être examinées par le Comité.

José Antonio Garcia Apac(2006) et Maria Esther Aguilar Cansimbe(2009) : les deux cas ont été transmis au Comité des droits de l'homme des Nations unies en août 2025. RSF et Propuesta Civica attendent toujours leur acceptation officielle par le Comité.

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Publié le16.03.2026
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